Cagey House - Drawing Monsters

Tracklisting: 1. Artbook With Explosions 2. Copy Book Parade 3. Gizmo Bristles 4. Honey Wasp 5. New Was Blue Print 6. There Is A Big Door 7. Yeah It's Alright
On a tout d'abord le sentiment, en écoutant cet album de Cagey House, de voyager dans une musique issue d'un jeu vidéo inspiré par de nombreuses histoires et péripéties. En effet, dans le cas présent, on découvre tout d'abord une musique électronique minimaliste, sans arrangement ni son élaboré, comme si l'artiste avait voulu recréer et redécouvrir l'essence même de l'électronique, ses sons les plus secs et incisifs, et ainsi redonner vie à des instruments et sonorités depuis longtemps abandonnés et oubliés dans l'univers musical actuel. Il ne s'agit pas ici d'arranger, de rajouter des éléments pouvant saturer l'ensemble, même si celui-ci, de par un son bien particulier et propre, l'est déjà beaucoup. La musique électronique, à l'instar de Kraftwerk à son époque, est là pour montrer son côté le plus artificiel et surnaturel, sans pour autant être superficielle.
En effet, l'ensemble de l'album semble au premier abord abrupt et souffrant d'une saturation assez intense, de par l'utilisation d'une guitare aiguë et incisive (Artbook With Explosions, Gizmo Bristles) et des rythmes synthétiques simples et répétitifs, sans être ennuyeux. En effet, ce qu'arrive à produire Cagey House tout au long de cet EP est assez admirable: composer de courtes pièces sans cesse renouvelées, bien qu'apparemment liées par cette perpétuelle idée de simplicité. Il s'agit d'être direct, de ne pas traîner en longueur, et de donner vite, et immédiatement. Ainsi, celà permet de trouver des arrangements beaucoup plus beaux et novateurs que ce que l'on aurait pu tout d'abord imaginer. Que l'on plonge dans une atmosphère psychédélique (Honey Wasp) ou plus electro-pop (New Was Blue Print), on découvre des instruments faisant de chaque morceau un objet musical original et mystérieux: que ce soit un piano accompagné d'une simple guitare wah-wah, sur un rythme des plus dépouillés (New Was Blue Print), un orgue déchaîné et saturé lui aussi (Copy Book Parade), ou des sonorités tout en douceur et presque organiques (There Is A Big Door), on entre dans un monde certes artificiel et débarrassé en apparence de toute présence humaine, mais dans lequel se dissimule une inspiration sensible omniprésente; L'homme, en tant que créateur, se cache derrière la froideur de la machine. On sent parfois l'envie de recréer les expérimentations musicales propres aux musiques particulières de la fin des années 60, lorsque Pink Floyd ouvrait de nouveaux horizons grâce à des albums comme A Saucerful Of Secrets, dont Drawing Monsters, malgré sa brièveté et son urgence, se rapproche.
Plus que de donner quelques pièces très courtes, il est ici question de créer des ambiances assez diverses. On ressent tout d'abord une fascination liée à une interrogation; quel est le sens de cette musique qui, sans sombrer dans l'easy-listening, fonctionne comme une exposition de pièces dénuées d'âme? Alors, pour peu que l'on soit un minimum curieux (car ce disque, à l'instar de la musique de Malthruyst, risque d'en faire reculer plus d'un), on cherche le détail, le son, l'arrangement qui fera de chaque pièce un morceau unique. C'est un disque qui fait naître questions, surprises, et qui ne peut laisser indifférent. Chaque musique est une exploration sonore, une recherche de densité, et un retour à des sources synthétiques jusqu'alors oubliées, car considérées comme démodées, ou inutiles. C'est là que Cagey House parvient à atteindre son objectif, en rendant ses lettres de noblesse à un style qui, à son époque, était à l'origine de toutes les musiques électroniques actuelles; afin de ne pas oublier qu'avant que la technologie n'assouvisse que de simples besoins de danses vides de sens et destinées à un public donc l'objectif premier est de se livrer à des mouvements saccadés sur des sons plus proches de bruits que d'autre chose, il y avait une source de création, d'exploration, et de recherche dans l'artificiel.
Drawing Monsters est un disque particulier, mais tellement sincère; il est simple, sublime par moments, et transmet un savoir-faire et une culture musicale comme celà a peu été fait auparavant. C'est également un disque risqué; mais pour peu que l'on prenne le temps de s'y installer et d'accepter l'invitation de Cagey House dans ces univers robotiques et pourtant humains, les instants à vivre et partager demeurent exceptionnels, et magnifiques...
Slug
While listening to Cagey House album,one first feels like travelling in a music from a video game, inspired by many stories and adventures. Indeed, in this case, one discovers a minimalist electronic music first, without elaborated arrangement; as if the artist wanted to recreate and rediscover the essence of electronics, dry and incisive sounds, and thus to bring them back to life with instruments and tunes which had been abandoned and forgotten in the current musical universe for a long time. It is not a question of arranging, or adding elements which could saturate the unit, even if this disc, thanks to quite a particular and clean sound, is already a gem. Electronic music, as for Kraftwerk in their time, is there to show its most artificial and supernatural aspect, without concession.
Indeed, the whole album seems to vehicle an abrupt and suffering access of rather intense saturation, from the use of an acute and incisive guitar (Artbook With Explosions, Gizmo Bristles) and synthetics, simple and repetitive but not tedious rhythms. Indeed, what Cagey House manages to produce throughout this EP is rather admirable: composing short unceasingly renewed parts, although apparently bound by this perpetual idea of simplicity. It is a matter of being direct, not trailing in length, but giving quickly, and immediately. Thus, the listener can find much more beautiful and elaborated arrangements than what one could first imagine. The music plunges us in a psychedelic atmosphere (Honey Wasp) or magnetic pop (New Was Blue Print), one discovers instruments making an original and mysterious musical object of each music: thanks to a piano accompanied by a simple wah-wah guitar, totally dry rhythm (New Was Blue Print), and also a hysterical and saturated organ (Copy Book Parade), or careful and almost organical sounds (There Is A Big Door); one enters a certainly artificial world, which seems to have been removed from any human presence, but in which an omnipresent and significant inspiration is hidden. Man, as a creator, hides behind the coldness of the machine. One sometimes feels the desire for recreating the musical experiments which could be heard at the end of the Sixties, when Pink Floyd opened new horizons thanks to albums like A Saucerful Of Secrets, which Drawing Monsters, in spite of its brevity and its urgency, approaches.
More than only giving very short parts, the question is raised of creating rather various environments. First of all, one feels fascination and interrogation; which direction will this music take, without sinking into the easy-listening style, and become an exposure of parts stripped of heart? Then, for people who are a little curious (because this disc, as Malthruyst's experimental music, won't delight everyone), one seeks details, sounds, and arrangements which will make an original and innovative source of each song. This album brings many questions, surprises, and cannot let the listener indifferent. Each music is an exploration of the sound itself, a search for density, and a return to synthetic sources which had been forgotten, because they were considered as obsolete, or useless. Then, Cagey House manages to achieve its goal, while giving notoriety back to a style which, in its time, was the origin of all current electronic musics; in order not to forget that, before technology was thus used only to create simple needs for meaningless dances brought to a decerebrated audience, the first aim was to devote itself to movements jerked on sounds closer to noises; there was a source of creation, exploration, and research in artificial landscapes, and intelligent sounds and waves.
Drawing Monsters is a particular, but sincere album; it is simple, most of the time sublime, and transmits a musical culture as what was made before electro became so rough and useless. It is also a risky EP; but if one takes time to settle and accept the invitation of Cagey House in these robot-like and yet human universes,living and amazing moments will remain exceptional, and splendid…
Slug
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