Sicken Treat - Sicken Treat

Publié le par Slug




Tracklisting: 1. Elephant 2. Goodbye Slutty 3. Enough 4. Deepthroat Feeling 5. Simple 6. Statis:Interrupted 7. People 8. Magical Worm 9. Past Time Parasite 10. Absolute Obsolete 11. Take Off 12. Outer Coil 13. How Can I Get Some?


Il est toujours agréable de constater que plusieurs groupes parviennent à créer leur originalité grâce au mélange d'instruments pourtant, au premier abord, inconciliables. En effet, qui, à par des artistes comme Hood ou Matt Elliott, peut se vanter de parvenir à susciter chez l'auditeur un sentiment d'écoute active de chansons mêlant à la perfection instruments acoustiques et sonorités électroniques? L'acte est périlleux, surtout lorsqu'il s'agit, comme c'est le cas pour cet album de Sicken Treat, de retrancher chaque instrument dans ses propres limites. Rarement, on a eu l'impression, comme ici, d'être sur un fil très ténu entre electro pure et dure, et folk intimiste. Et réussir à créer une musique hybride et magnifique semble encore plus osé. De ce fait, on reste encore plus admiratif devant le résultat que ce duo français nous offre, avec talent et intelligence.

Loin de ressembler aux artistes précités, on serait tenté ici de parler d'electro-folk, même si celà paraît assez réducteur. En effet, les chansons font aussi bien intervenir guitares acoustiques que sonorités et rythmes électroniques (Elephant, Take Off), sonnant beaucoup plus synthétiques, allant même parfois jusqu'à l'electro pure et dure (Simple). Et c'est cette alternance qui crée le premier intérêt de la musique de Sicken Treat: ses sonorités conservent ce petit quelque chose d'organique, d'humain. Il n'est pas question ici de faire de la musique simplement électronique, dénuée d'âme et de sens. Tout ici revêt cette émotion qui ne peut, au premier abord, être découverte que dans la folk ou le blues; or, grâce à des instrumentations simples et efficaces, jamais enrichies d'arrangements dénués d'intérêt, les morceaux gardent leur humanité et restent ancrés dans la réalité.

Une certaine mélancolie se dégage également de ce magnifique album, et ce, grâce à cette remarquable simplicité des musiques. Entre rythmiques dépouillées et jamais lourdes, guitares douces et aériennes, et nappes synthétiques choisies et discrètes, le sentiment de mise à nu est encore plus renforcé, et omniprésent. Celà paraît assez surprenant lorsque le premier titre, Elephant, s'amorce, du fait de sa basse électronique lourde et limite indus; mais alors que l'on songe à une musique sombre et artificielle, guitares acoustiques et voix viennent alléger le sentiment étrange ressenti au premier abord. Et il en est de même pour les autres titres de cet album: on oscille toujours entre deux univers, sans que l'un n'étouffe l'autre.

De ce fait, lorsque le duo décide de se démarquer totalement, c'est pour mieux retrouver ses marques dans l'un des styles précités: ainsi, des titres comme le remarquable Simple (merveille d'electro-ambient aérienne et mélancolique), Past Time Parasite (Au groove si entêtant et à la mélodie envoûtante, laissant dans un état aussi second que le morceau Closer de Nine Inch Nails), ou encore le très 80's Absolute Obsolete (grâce auquel des mouvements corporels assez incontrôlables ont tendance à vous prendre, sans raison...), se veulent symboliques de cette manière de redonner une originalité certaine aux différents styles musicaux explorés, mais aussi de témoigner d'un bagage artistique conséquent, et impressionnant.

La voix, quant à elle, joue un rôle prédominant dans le sentiment de mélancolie froide (sans jamais être insensible) suscité par l'album: tantôt jouissive et festive (Goodbye Slutty, Magical Worm), elle revient de manière surprenante dans la détresse (Simple). Elle rappelle bien entendu David Gahan ou Martin Gore, mais également Ozark Henry, ou encore parfois Kurt Cobain ou Trent Reznor (How Can I Get Some?). Elle est sublime, porte l'auditeur aux confins des instrumentations élaborées par les musiciens, et parvient à véhiculer des sentiments forts et somptueux, sans avoir besoin d'être éloquente. Ainsi, lorsqu'elle est doublée, soit par une voix féminine (Elephant), soit par elle-même (Take Off, How Can I Get Some?),soit lorsqu'elle retranscrit une conversation au détour d'un café (Goodbye Slutty), ou alors qu'elle se fait instrument vocal tout en harmonies et délicatesse (Outer Coil), elle ne revêt que des atours la valorisant encore plus, et prouvant l'énorme potentiel artistique qu'elle fournit.

On ressort alors de l'écoute de Sicken Treat en étant en proie à deux sentiments distincts: celui d'avoir entendu une musique simple et accrocheuse, bien que très mélancolique, et celui de tenir là un album intelligent et élaboré, superbement produit et composé. Oscillant toujours entre artificialité et humanité (comme l'illustre à la perfection le dernier titre, How Can I Get Some?, qui nous laisse exsangues et abasourdis...), électronique et acoustique, et en valorisant chaque instrument sans en privilégier aucun, Sicken Treat revêt alors une tunique musicale qui lui est propre. En treize titres, le duo parvient à créer et inventer un style que l'on ne peut nommer, tellement il est original et novateur, impressionnant et riche. Oui, les deux artistes sont parvenus à forger leur propre identité musicale, et il faut les découvrir très vite, tant de telles innovations harmoniques et électroniques méritent d'être partagées...

Slug




It is always a pleasure for one's ears when several bands manage to create originality thanks to mixing instruments which, first of all, seem to be irreconcilable. Indeed, who, like artists such as Hood or Matt Elliott, can be praised for making the listener feel active while listening to songs perfectly merging into the music of acoustic instruments and electronic sounds? The act is perilous, as it is the case for this Sicken Treat album, to bring each instrument out of its further limits. And sometimes, one feels, as it is the case here, like being on a very thin wire between pure electronic, and intimate folk music. And, to succeed in creating a hybrid and splendid music seems even more daring. So one remains even more admiring in front of the music which this French duet offers us, with talent and intelligence.

Far from seeing a pale copy of above mentioned artists, one would be tempted here to speak about electro-folk, even if this word appears rather reducing. Indeed, acoustic guitars are used here as much as electronic sounds and rhythms (Elephant, Take Off), and make the whole album sound much more synthetic, and even sometimes close to pure electro music (Simple). And this way of going from one style to another arouses the first interest of Sicken Treat's music: soundscapes preserve something organic and human.Only making electronic music, stripped of heart and direction, is not the case here. Everything here is full of an emotion which cannot be discovered at first, and can only be heard in musical styles such as folk or blues; however, thanks to simple and effective instrumentations and enriched arrangements,the songs keep their humanity and remain anchored in reality.

A certain melancholy also emerges from this splendid album, thanks to a remarkable simplicity in its music. Between straight rhythms, soft and aerial guitars, and selected and discrete synthetic arrangements, the feeling of musical nudity is even more reinforced and omnipresent. This surprisingly appears when the first title, Elephant, starts: it is full of low and heavy electro sounds and heavy and synthetic bass; but although one thinks of a dark and artificial music,the acoustic guitars and vocals come to reduce this strange feeling which at first surprises the listener. And it is the same for other titles in this album: one always oscillates between two universes, as none influences the other in the way these songs sound like.

So when the duet decides to totally dissociate these styles, it is in order to find their real and pure marks in one of them: thus, while listening to songs as remarkable as Simple (a wonder of electro-ambient and melancholic music), Past Time Parasite (With hypnotizing groove and captivating melody, leaving the listener in such a petrified state of mind as Nine Inch Nails' Closer), or 80's-like Absolute Obsolete (thanks to which rather unverifiable body movements tend to take you, without any reason…), the band completely succeeds in its way of giving an unquestionable originality thanks to various musical styles, but also testifies to a consequent, and impressive artistic culture.

Then,the vocals play a main part in this feeling of cold melancholy (without never being insensitive) inspired by the album: sometimes happy and dancing (Goodbye Slutty, Magical Worm), they suddenly go back to distress (Simple). Of course, they remind us of David Gahan or Martin Gore, but also Ozark Henry, or sometimes Kurt Cobain or Trent Reznor (How Can I Get Some?). They are sublime, and carry the listener to the limits of the instrumentations; they also manage to convey strong and gorgeous feelings,without being eloquent. Thus, when they are doubled, either by female vocals (Elephant), or by themselves (Take Off, How Can I Get Some?), in order to retranscribe a conversation in a bar (Goodbye Slutty), or use vocals as a harmonious and delicate instrument (Outer Coil), their powerful suggestion and value are improved and original, and prove the enormous artistic potential which they provide.


One then emerges from the listening of Sicken Treat with two different feelings: their music can be heard as a simple one, although it is very melancholic, but also intelligent and worked out, and magnificently produced and composed. Always oscillating between artificiality and humanity (as it can be perfectly heard in the last song, How Can I Get Some? , which leaves us bloodless and deafened…), electronic and accoustic, and developing each instrument's quality and originality without priviledging one or another, Sicken Treat then stand for a musical style which is only their own. Thanks to these 13 songs, the duet manages to create and invent a style which cannot be named, so original and new as it is, and impressive and rich. Both artists manage to forge their own musical identity, and they should be quickly discovered, because their harmonious and electronic inventions and creativity deserve so much to be shared…

Slug

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