16pac - Endless Work In Progress

Publié le par Slug




Tracklisting: 1. Ghost World 2. If We Are Free 3. Getting Better 4. Mad Clown 5. The Alarm 6. Endless Break 7. Red Bull 8. Loneliness 9. Inside 10. Steering Away



Il est parfois assez difficile de réussir à décrire ce que l'on ressent à l'écoute d'un album, comme celà est le cas pour celui ici présenté, Endless Work In Progress, de 16pac. Non pas que l'on ne soit pas capable d'exprimer ses sentiments afin de dire s'il s'agit d'un bon ou mauvais disque, mais simplement parce que l'on n'en ressort pas indemne, ni indifférent. Au contraire: après avoir écouté ce disque, on se dit que l'on tient là une magnifique collection de chansons liées les unes aux autres par un style très particulier, et propre au groupe. Et c'est justement là que l'exercice devient compliqué: quel style? De quel courant musical l'oeuvre de 16pac peut-elle le plus se rapprocher, du fait de sa diversité, de sa multitude de couleurs (même si le gris de l'âme domine) et de tonalités? Oui, parfois, on ne sait pas par où commencer...

S'il fallait retenir une prédominance pour cet album, ce serait entre folk intimiste et pop simple et mélancolique. Ni trop l'un, ni trop l'autre. La musique de 16pac se veut discrète, douce, et triste, sans pour autant tomber dans le désespoir. La guitare y est parfois l'instrument sur lequel tout repose (Ghost World, Getting Better), ou laisse la place à des instrumentations plus synthétiques et proches des sons cold-wave des années 80 anglaises ( If We Are Free, The Alarm, Loneliness), mais toujours dans un souci de simplicité instrumentale, sans rien ajouter de trop. On pense parfois aux premiers albums d'Archive (The Alarm), ou à une pop plus actuelle, mais toujours sobre ( Endless Break). Les nappes synthétiques restent sobres et ne couvrent jamais soit une guitare acoustique plus qu'émouvante et en complémentarité avec la voix (Getting Better), soit un piano doux et tristement captivant ( Mad Clown, Endless Break). La démarche instrumentale est pop, mais le résultat et les envolées de certains morceaux le sont beaucoup moins.

On passe donc d'une musique électronique entêtante à l'apparition d'une guitare électrique apportant une tonalité beaucoup plus énergique (If We Are Free), et c'est dans de tels moments que l'on prend conscience de tout ce que cet album recèle comme surprises et originalité. On est parfois proche de la folk pure (Steering Away), ou l'on s'envole vers des contrées beaucoup plus post-rock (Mad Clown, Red Bull). Et l'on trouve des chansons pour lesquelles les changements musicaux, sans être abrupts, sont sensibles et impressionnants, passant d'un calme aérien à une plénitude triste et mélancolique (le fabuleux Mad Clown), retenue, mais toujours sur le fil. Tout ici amène à l'introspection, à la contemplation de ses sentiments les plus tristes. Plus on écoute ce disque, plus il se révèle à nous, et plus nous nous retrouvons en lui; ainsi, sous une fausse apparence de simplicité, ce trésor brille de mille facettes à chaque fois que l'on creuse un peu plus...

Dans cet écrin musical magnifique et délicat, la voix se donne et se met à nu, toujours sobre et sans envolée inutile, brumeuse et douce. On pense parfois à ce que Dido aurait pu faire avec plus de réserve et de don de soi; chacun rapprochera sûrement ces deux voix, à ceci près que l'émotion froide et mélancolique dont il est ici question est une histoire et un témoignage à elle seule, une confession des douleurs et des conséquences d'amours perdues, de désillusions, de chutes pour mieux se relever. Il n'est pas ici question de dépression, mais plutôt, d'exposition des sentiments et du ressenti des relations, tels qu'une femme nous les adresse et nous les confie peu à peu. Superbe et distinguée, toujours en retrait et en respect (même lorsqu'elle se répond à elle-même dans Inside), elle conte ses histoires, crée les chansons par sa simple capacité à captiver et à être respectée, et entendue en silence.

La musique de 16pac est une réponse à ces silences et instants de solitude et de tristesse , ces moments durant lesquels tout semble perdu. Elle est intime, mélancolique, triste, mais jamais désespérée; au contraire, elle rayonne dans ces moments d'isolement, elle réconforte, nous berce, et nous fait parfois sourire (écoutez la reprise originale et surprenante de l'un des titres de l'album comme morceau caché...). Endless Work In Progress réussit à décrire et à comprendre certains sentiments que d'autres musiques ne font qu'effleurer; et l'on se sent de moins en moins seul à chaque écoute, on prend confiance, on verse quelques larmes (souvent...), et l'on respecte, en silence, et en admiration...

Slug




Sometimes it's hard to describe our feelings while listening to an album, as it is the case here, while talking about 16pac'sEndless Work In Progress; not because the listener is unable to express his feelings in order to consider this as a good or bad album, but simply because this particular one is striking and full of emotions, and doesn't leave him indifferent. On the contrary, after listening to this amazing album, one can't but think it's a magnificent collection of songs written and composed thanks to an original and personal style. And here is the main question about it: what style is this CD close to? Because of its diversity and multiplicity of colours and tunes (even if, most of the time, everything is grey here), what kind of music does theirs look like? Sometimes, one doesn't know where to begin...

In order to speak about this album and its style, one could say that it is a kind of mix between intimate folk and simple and melancholic pop music, but none of it can be heard more than the other. 16pac's music remains discreet, sweet, and sad, without being desperate.The guitar is sometimes the main instrument, bringing a regular basis to the songs (Ghost World, Getting Better), and sometimes lets other synthetics and close to British 80's sounds take their place (If We Are Free, The Alarm, Loneliness); but the music is always instrumentally simple and without any misplaced detail. Sometimes  close to Archive's first album (The Alarm), sometimes sounding like today's pop music, their songs are always sober and straight to the bone (Endless Break).The synths waves are never louder than the acoustic guitars and bring a complementarity to moving and slow vocals (Getting Better) or a soft and sadly captivating piano (Mad Clown, Endless Break).The music sounds poplike, but the result of the band's work and some risky moments come as an opposition to this feeling...

After hearing a captivating electronic music, an energetic and powerful electric guitar appears and shows another side of the music (If We Are Free); in such moments, one understands that this album is full of surprises and originality. Sometimes close to pure folk music (Steering Away), sometimes closer to post-rock (Mad Clown, Red Bull), everything is unrepetitive and true. And in such songs, one discovers sensitive and impressive changings, going from aerial and peaceful tunes to a kind of melancholic and sad moment (Mad Clown),as if one was always standing on the top of the cliff, and ready to jump. Everything here brings the listener to introspection and looking to his saddest feelings. The more we listen to this music, the more is becomes a revelation to us; so,at first sounding simple and pop, this musical treasure reveals its shining sides every time it is heard...

In such a magnificent and delicate music,the vocals stand naked and pure, sober and simple, foggy and sweet. Sometimes sounding like Dido's voice, but with a brighter and more mature shape, they remind us of that particular singer most of the time. But the cold and melancholic emotions brought by Emma's vocals are like a testimony and a confession of pain caused by lost loves, disillusions and falls. It is not singing about depression, but more talking about feelings resulting from relationships, and all this is said by a woman confiding in us, and sharing them. Wonderful and sweet, respectful and slow (even while talking to herself in Inside),the vocals are telling stories, and create wonderful songs only by captivating and forcing respect from the listener, and being heard in complete silence and devotion.

16pac's music is an answer to moments of silence, solitude and sadness, when everything seems to be depressive and lost. It is intimate, melancholic, sad, but never desperate; it shines in such moments of isolation, comforting and rocking us, and sometimes making us smile (listen to the surprising and original cover of one of the album's song as hidden track...). Endless Work In Progress describes and helps us understand feelings that other musics can only attempt to reach; one feels less alone while listening to it and finds  comfort, and (often...) cries; and this music has to be respected and  admired, in silence...

Slug

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