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Jeudi 27 mars 2008 4 27 03 2008 19:51
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Démarrant sous de faux airs de délicatesse acoustique, grâce à une boucle de guitare entêtante autant qu’intrigante, ce disque d’Unspoken Logic est en fait un monument de metal aussi original qu’excellent. Sous de faux airs death, thrash et punk, les titres ici présents revêtent une qualité assez étonnante, notamment grâce au travail vocal. Loin de se contenter de hurlements et autres éructations n’ayant qu’une place assez limitée, les voix se font aussi claires que surprenantes dans un tel univers de bruit et de fureur. En total décalage, le chant apparaît plus rock et en retrait, sombre et désespéré. De même, certains passages plus clairs entre riffs au couteau  et rythmiques martiales et évolutives donnent à l’ensemble des respirations sonores plus que bienvenues, avant de replonger dans la violence verbale et musicale de l’ensemble. Chaque instrument reste pourtant audible, du fait d’une production assez impressionnante à ce niveau. Les riffs sont nombreux, variés et impressionnants de maîtrise et de fluidité, permettant ainsi à chaque instrument de révéler son propre language, et à chaque musicien de nous faire partager technique et savoir-faire; le dialogue guitares-batterie demeure le plus direct et impressionnant, dévastateur et virulent, puissant et lourd. Aucun répit, tout est aussi lourd que sombre et éprouvant, incorrect et pulvérisant. Plus que de ne chercher qu’à imiter autant d’influences que possible (Napalm Death, Machine Head, auxquels titres et voix nous font d’ emblée penser), Unspoken Logic se forge un caractère personnel et original, grâce notamment à l’apparition impromptue de voix off et d’arrangements électroniques saturés et salutaires, le monde musical du groupe révèle ainsi une facette peu commune dans l’univers si diversifié du metal. Aucun ennui ne demeure alors possible, tant la musique ici présente apparaît aussi puissante qu’intelligemment composée et créée; donc, pour chaque fan de musique extrême aussi défoulante qu’originale et étonnamment produite et interprétée, Sunshine Between The Leaves est indispensable et incontournable. Aussi surprenant qu’excellent, et l’on ne peut que vouloir encourager et suivre le groupe qui, soyons-en sûrs et croisons les doigts, saura sortir du lot...

 

Slug

 

First appearing like sweet and delicate acoustic music, thanks to an hypnotizing and mysterious guitar loop, Unspoken Logic’s album appears to be a monumental metal album, as original as excellent. Under false death, thrash and punk lookalikes, songs are of amazing quality, thanks above all to the vocal qualities on this CD. Far from only performing screams and limited vocal growls, vocals are sometimes clear and amazing in such a noisy and angry musical universe. Sometimes sounding rock and folk, sometimes desperate and dark, voice is astonishing and surprising. Moreover, a few clear guitar melodies are in complete but perfect contradiction among rough riffs and martial rhythms., and sound like breathings during this particular journey through verbal violence and music. Each instrument can wonderfully be heard, thanks to a massive and perfect work on production. Riffs are as numerous as impressive and perfect in diversity, and such a musical basis allow each instrument to find its own language, and each musician, its personal technique and abilities; then, the dialogue between guitars and drums is straight and impressive, devastating and furious, powerful and heavy. There is no time for rest and sleep here, as music is heavy and rough, incorrect and exploding. But more than only trying to sound like a few influences (Napalm Death, Machine Head), Unspoken Logic get their own and original way of creating metal music, thanks to spoken words or oversaturated electronic arrangements which are more than welcome here. Then, there is no boring moment while listening to the whole album, as music is intelligently composed and created; so, for each metal fan who is in search of violent but clever moments when angriness and wrath have to be contained, Sunshine Between The Leaves has to be discovered and understood. A surprising as excellent, this music has to be encouraged and the band must be followed and supported; and be sure they will find their place in the musical universe...

 

Slug

 


Par Merrick
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Jeudi 27 mars 2008 4 27 03 2008 19:33
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Sous de faux élans pop-rock que l’on peut deviner dès les premiers accords de Under The Gun, la musique de Unknown Component dissimule de multiples richesses de composition qu’il faut découvrir petit-à-petit, en se laissant bercer et en demeurant admiratif devant le travail d’arrangements et de mélodie ici présentés. Là où certains groupes se content d’appliquer la même recette et la même base instrumentale à chacun de leurs morceaux (Keane et leurs pianos, pour ne citer qu’eux), le groupe ici présent envoûte par des orchestrations autant simples que puissantes et couvrant tout espace vide, entre cordes, nappes synthétiques et pianos redonnant à chaque composition une valeur mélodique intensifiée et fabuleuse. De même, la capacité que ces musiciens ont de créer un style qui leur est propre est à saluer sincèrement et humblement; la musique ici présente nous ramène bien entendu à certaines influences, certaines tonalités déjà connues, tantôt 80’s, tantôt rock, et parfois 70’s; mais rien n’est jamais copié, tant et si bien que chaque morceau s’éloigne du format couplets-refrain par des ponts instrumentaux inattendus et inespérés. Des soli simples et directs nous envoûtent, la voix aussi bien éraillée que douloureuse, mais pourtant tellement juste, est une prière aussi bien qu’un torrent de larmes, un cri, une souffrance. Les boucles inversées introduisant certains titres nous laissent pénétrer un univers profond, paisible et mélancolique, sans fioriture ni éxagération; mais tout est pourtant complexe et demande de se pencher plus en avant pour entendre les multiples subtilités de composition de cette oeuvre émouvante autant qu’intemporelle. Impossible de définir un style particulier, tant ces chansons mènent l’auditeur dans de nombreux méandres mélodiques. Harmonies d’orgues, accordéons, pianos, délicatesses acoustiques (The Truth Of Telling Lies), tout se rassemble pour créer un voyage unique et merveilleux de mélancolie et de plaisir auditif. Un album tenant hautement les promesses d’une musique originale et splendide, profonde et admirable...

 

Slug

 

In false shape of pop-rock music, which can be heard in Under The Gun, Unknown Component’s songs are full of rich and talented ways of composing and creating, and this particular music has to be discovered now and again, while feeling rocked by delicate tunes and arrangements which force admiration and delight. While few bands are always repeating the same musical structure and arrangements in their songs (piano in Keane’s songs, for example), all here is full of simple but efficient compos which fill in empty spaces thanks to strings, synthetic soundwaves and pianos which bring a fabulous and intense melodic value to the music. Moreover, the musician’s ability to create a single and never-heard-before style has to be admired and respected; of course, music here will remind each listener of past or actual bands (70’s, rock,or 80’s), but is never a pale imitation of these influences, and tends to break the chorus-like format of songs thanks to unintended and amazing instrumental parts. Simple and straight instrument solos captivate us; rough and painful vocals are like a prayer as much as a river of tears, a shout, and a pain. Reversed loops allow us to enter a profound, peaceful and melancholic universe which never appears to be exxagerated or false; but all here is complex and ask for more and more listening before hearing all the music’s subtilities contained in such a moving and neverending music. It is impossible to describe these songs or add them to a specific kind of musical style, because of suprises as organs, accordion, piano, acoustic guitars (The Truth Of Telling Lies); all here is composed to take the listener to a unique and marvelous journey through melancholy and pleasure for the senses. This album is a promising one, and Unknown Component’s music is nothing more than original, wonderful, profound, and remarkable...

Slug
Par Merrick
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Jeudi 27 mars 2008 4 27 03 2008 19:18
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En se séparant des Neg’Marrons a à la fin des années 90, après le succès qu’on leur connaît puis, malheureusement, leur oubli peu-à-peu, Djamatik semble avoir choisi la voix de la liberté musicale qui lui convenait le mieux; et à l’écoute de Musication, attendu depuis plusieurs années, force est de constater que bien lui à pris! A l’écoute des titres de ce nouvel album, l’artiste apparaît dans un univers musical que l’on ne lui connaissait pas, et qui surprend par la manière dont il parvient à nous captiver de bout en bout. Tantôt confident, tantôt réaliste face aux difficultés quotidiennes pour survivre dans le monde musical et à l’implication personnelle si douloureuse que celà implique, et parfois drôle et expansif dans un rôle de séducteur atypique et doué, toute une palette d’émotion rarement atteinte dans ce style musical ragga-dub et parfois reggae, ou délicatement soul et rhythm’n’blues, est explorée, et authentifiée. Et là où la majorité des artistes se seraient contentés de ne pas dépasser les frontières d’un style particulier, voire de s’y complaire inutilement (ce qui est le cas la majorité du temps, avouons-le tout de même; et quel dommage...), Djamatik ne se repose jamais sur ses lauriers, explore, fouille, se met dans une situation de risque, mais va toujours plus loin. Et il interprète chaque émotion personnelle avec le style musical qui lui est propre, sans se limiter; chapeau l’artiste... Cris du coeur, cris de haine, révoltes, introspection, séduction; tout se résume en album complet et riche, toujours en évolution et jamais répétitif; quant à la voix, laissons-là revêtir les émotions fidèles et sincères pour chacune des chansons. Sans renier ses origines musicales, Djamatik insuffle une énorme dose de savoir-faire, d’expériences musicales et de rencontres fructueuses partagées au fil des années de silence, et explose littéralement dans ce remarquable disque; comme si le cordon ombilical enfin coupé avait libéré l’artiste, le vrai, qui sommeillait. Bien sûr, un tel défi n’est pas sans risque; mais sans parti-pris, sans se soucier des réactions, Djamatik se dévoile, nous fait sourire ou pleurer, et tire le bilan des temps glorieux et du silence. Un respect total doit être donné devant une telle dévotion à sa musique, et l’on attend avec impatience d’éventuelles dates de concerts pour assister à ce qui promet d’être un spectacle, un vrai: un don de soi, déjà magnifiquement partagé grâce à ce disque. Merci, pour nous avoir réconciliés avec un style musical qui, au fil des années, avait perdu sa réelle signification...

 

Slug

 

While leaving the French band Neg’Marrons in the late 90’s, after a real success, then a long hard road in hell, Djamatik appears to have chosen a complete musical freedom he really deserved along the years; and while listening to Musication, which many people were waiting for so many years, all we can say is that he made the right decision. While listening to all the songs of this album, this artist reveals a passion for a musical universe he first wasn’t supposed to know and be able to share, and it is a real surprist for each listener to feel captivated from the beginning until the end of this CD. Sometimes in strict confidence, sometimes, realistic while fighting against all difficulties in everyday life and all the suffering one is having to survive in the musical area, sometimes funny and perfect in a playboy-like role, Djamatik shares many emotions with us, thanks to his ragga-dub and reggae, then soul and rythm’n’blues style. And while many artists wouldn’t have succeeded in such a perilous and hard way of composing and singing, or would have only played the same style again and again (which is the cas many times and in many albums, let’s not doubt about it, and it is such a shame...), Djamatik explores his own music, takes risks, and goes further and further again. And he also plays each musical style he needs to play for every feeling he wants to share; congratulations for such a talent, man... His music is coming from his own heart, hatred, inner-self, and seduction; all is told in this complete and amazing, evoluting and never-repetitive album. Then, vocals are full of sincere and personal emotions in each song. Without taking his musical roots apart, Djamatik makes them full of experience and passion, and musical meetings he’s made during long years; he then litteraly explodes in his own musical genre, as if he was flying from a closed musical past and spread his wings to fly away to magnificent shores. Of course, he is taking a lot of risks here; but he doesn’t seem to care, and reveals his own passions, feelings, thoughts, and makes us smile and cry, while summing all these years up and walking a new way, then taking a completely different artistic direction. Such a devotion to music has to be deeply respected; and all we need now is see this amazing artist on stage, and watch what will certainly be a real and moving show, a gift which is already given thanks to this excellent album. Thanks a lot, Djamatik, for comforting us with such a musical style and giving it his real significence back...

 
Slug

Par Merrick
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Jeudi 27 mars 2008 4 27 03 2008 18:44
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Une puissance musicale profonde et intense, remarquable et sublime; telle est la première impression ressentie à l’écoute de ce disque de Calibistrixe, et cette dernière ne nous quittera pas jusqu’au terme de l’écoute et de la réécoute. Il semble que les musiciens aient magnifiquement compris qu’il y avait une vie après le punk et le rock, et que cette dernière pouvait trouver ses premiers balbutiements dans ce que la musique actuelle recèle de plus directe, quel que soit le style: entre élans post-rock (Deadflowers In Paradize) et post-punk (Hidden Files), la musique ici présentée témoigne d’une assimilation parfaite de ce que la musique dite "à guitares" fait de mieux; et plus qu’un simple résumé des années passées dans la tentative de renaissance de ces moments perdus, Calibistixe se tourne vers un avenir des plus lumineux et captivants. Chaque section rythmique est pensée et témoigne d’un indéniable talent de réinvention selon les titres, chacun revêtant une originalité qui lui est propre et parvient intelligemment à rentrer dans le vif du sujet. Au coeur de ce voyage dans les péripéties sonores du rock, le groupe nous invite à rejoindre l’immédiateté, l’urgence, la sensation d’explosion et d’énergie que peu jusqu’ici sont parvenus à retrouver. Quelques arrangements électroniques nous rappelant les grandes heures de M83 et de leur incontournable second album Dead Cities..., de même que des ponts harmoniques (Seven Miles) nous replongeant dans les Thugs ou, plus actuellement, Cult Of Luna (sans les hurlements), sont autant d’invitations à ce témoignage de passionnés pour la musique forte et directe, intensément émouvante et prenante, grâce à une qualité de composition rare et surprenante. Loin de devoir qualifier leur musique de post-quelque chose (terme de plus en plus réducteur et passe-partout), il faut voir en Calibistrixe une renaissance du rock, une vision personnelle et dévoilée à l’auditeur dans son intensité la plus ultime. Les vocaux sont aussi variés que la musique elle-même et prennent au coeur, à l’âme et au sang, pénètrent sens et instruments. De cette débauche d’énergie et de talent qui se doit d’être reconnu immédiatement, il faut d’emblée ressortir un sens ultime et premier: Calibistrixe doit devenir l’une des figures de proue d’une redécouverte du rock et de ses méandres les plus subtils et fascinants, et urgemment. Un disque exceptionnel et riche, à écouter en boucle; ce qui semble logique devant un tel talent, et une telle perle musicale, rare et précieuse, constamment évolutive et éternellement en devenir...

 

Slug

 

First, one feels a complete and deeply intense then powerful satisfaction while listening to Calibistrixe’s album; and this feeling will remain constant until the end of the listening. These musicians perfectly understood that there was something after rock and punk music, and that a certain renewal could be found in what nowadays music contained in its most straight and subtle basis. Thanks to post-rock (Deadflowers In Paradize) or post-punk (Hidden Files), their music testify for a complete understanding of what guitar-based music really means; but more than only being a single testimony of these lost musical moments, Calibistrixe tend to a lightened and captivating future thanks to their music. Each rhythm is intelligently thought and built and constantly reinvents itself, while becoming as original as straight-to-the-bone. And during this journey through  rock and rough soundscapes, the band invites us to rediscover music in its immediate and urgent meanings, as much as explosive and energic sides that many tried to reach without success. A few electronic arrangements will certainly remind each listener of M83’s best works (as for their remarkable second album, Dead Cities...), the Thugs or, more recently, Cult Of Luna (without including male screams), and are a testimony of what heavy and straight music really means, while being as moving as captivating; and all of this happens thanks to undeniable qualities in composing and and creating music. Far from considering this music as post-something (which doesn’t really mean a thing nowadays), Calibistrixe create a renewal of rock music, as much as a personal vision of music in its ultimate and perfect meanings. Vocals also are evoluting and amazing in their diversity and quality, then go straight to each listener’s heart and soul. . Such a vision of energy and talent has to be discovered now, and as a conclusion, let’s consider this: Calibistrixe have to become on of the main bands of the century in rock music, as they are offering us a perfect vision of  subtle and fascinating rock music, and this has to be done right now. This album is as complete as exceptional, and has to be heard and heard again; which appears to be in a logical way while discovering such a talent in composing and creating music. These songs are rare and precious pieces of music which constantly evolve, and will forever reinvent themselves; and so will certainly be the band itself...

 

Slug
Par Merrick
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Jeudi 27 mars 2008 4 27 03 2008 18:12
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« Alice is a wolf, and a wolf remains a wolf ». Une chanson qui trotte dans la tête comme une obsession à laquelle on s’abandonne : elle séduit, elle captive, elle exerce un attrait irrésistible. Bela nous offre un véritable voyage au Pays des Merveilles dans ses deux albums Reverend Charles Dodgson 1 & 2. Il ne s’agit pas seulement ici de mettre leur inspiration sous les auspices du père de Lewis Carroll, mais aussi de faire émerger dans la musique le songe angoissant, la réflexion existentielle et l’observation sociale, cachés derrière le simple conte pour enfants écrit par l’inventeur d’Alice. Les peines sont le pendant des joies, le mal est l’envers du bien, le futile affronte le profond… Tout est contenu dans l’empire qui n’est qu’un château de cartes de Whatever I can : « You call it a life of born frustration, of wasted ambition, for ambition you had, I promise, I promise I’ll do whatever I can to forget your name ». Comment exprimer musicalement cette manière si particulière, imaginaire de raconter le monde réel ? Le défi est de taille, mais l’éléctro-pop de Bela le relève avec grande pertinence… Grâce à un jeu remarquable qui se joue à plusieurs instruments, elle place la perception sensorielle de la réalité qui nous entoure sous l’empire de l’esprit. Dès les premières paroles de Wolves, wolves, wolves, on plonge dans le courant de conscience cher à Virginia Woolf ou Somerset Maugham. De la même manière que l’on décrypte l’Angleterre post-victorienne au travers des pensées de Clarissa Dalloway ou du chien Flush, une voix à la Lou Reed nous donne à voir, dans une litanie rythmée par les percussions et les courbes sonores aiguës, une succession d’images et de réflexions personnelles directement évadées du cerveau humain On sent le pouls, le battement de cœur du monde dans la percussion de Comes night time et en même temps l’obscurité de la nuit qui s’étend, pénètre dans tous les interstices. Le chimérique est là, dans cette perception de la vie façonnée par notre esprit : la frustration des choses passées de A waltz résonne de violoncelle et d’humeur de blues. Avec Focus on the target, une guitare lointaine imprime en nous la tension dramatique de la mort programmée : « stronger than these blue pills in your hand, it’s more than a pastime, you race with the devil, you won’t reach the final ». Le pincement de la rupture entre deux êtres surgit des shalalala de Back on the shelf qu’accompagnent les cordes et la batterie très jazzy. Le cours ininterrompu de la vie est tracé par les accords de violon qui s’allongent à l’infini de Carry me home. Et surtout, le stress du piano martelé de I’m just kidding, Brutus figure la vanité des choses après lesquelles on court, « What’s remain of all these things ? » avec un timbre de voix légèrement faussé, fébrile à la David Bowie. L’expérience est autant intellectuelle que sensorielle : c’est ce qui fait son exceptionnelle force. Et c’est ce décalage perpétuel entre l’un et l’autre qui contribue à créer un univers irréel si tentant, si touchant. Le décalage se creuse même, le fabuleux entre même franchement dans le fantastique, l’hallucinatoire de William Burrough dans The i in lie où les premières notes aux accents asiatiques, presque zen ouvre sur le sifflement de la locomotive qui file dans la nuit emportant violoncelle et saxo. C’est ce même saxo qui berce la douce complainte fatiguée de Heard the PLO : « take them by surprise » pour montrer qu’on aurait pu, qu’on aurait aimé avoir une vie autre que celle qu’on a vécu. On l’entendrait presque en toile du fond des divagations de Peter Weller dans l’excellent film Le Festin Nu. L’inquiétante étrangeté, le fantastique qui se dégage de la musique de Bela épouse en effet certains traits de l’univers hallucinant et halluciné de David Cronenberg. « Alice is a wolf »… Les errances et les errements de l’esprit célébrés par Bela fascinent. L’alchimie fonctionne, admirablement : nous sommes de l’autre côté du miroir.

Fluffy


« Alice is a wolf, and a wolf remains a wolf ». This song turns and plays in your head like an obsession you finally dive into: appealing, fascinating, it exerts an irresistible power of seduction. Bela takes us in THE true travel through Wonderland thanks to the two EPs Reverend Charles Dodgson 1 & 2. Through the reference to Lewis Carroll’s father, Bela’s inspiration does not merely look for blessing words from Lewis Carroll and opportunity to feed on his literary universe. The idea is to create music out of which could also spring the tense dream, the thoughts questioning the meaning of life, the relevant scrutiny of social relationships, hidden behind the simple fairytale for children written by the author of Alice’s adventures. Sorrow is the back side of joy, evil is the opposite of good, frivolous spirits confront thorough minds… Everything is said, through the empire compared to a house of cards, in Whatever I can: « You call it a life of born frustration, of wasted ambition, for ambition you had, I promise, I promise I’ll do whatever I can to forget your name ». How to express with music this imaginative way, so peculiar, to tell the real world? This is a big challenge that Bela’s electro-pop successfully takes up, in a very talented way… Thanks to a noteworthy play with various instruments, it puts the sensory perception of the reality around us under the control of mind. With the first lyrics and chords of Wolves, wolves, wolves, we experience the stream of consciousness Virginia Woolf or Somerset Maugham were so fond of. We hear a Lou Reed-like voice singing an uninterrupted speech punctuated by drum beats and sharp musical curves. And suddenly, in the same way we understand Post-Victorian England through Clarissa Dalloway’s thoughts or Flush the dog’s comments, we are able to see a flow of pictures and personal thoughts directly pouring out of the human brain. We feel the pulse, the heartbeat of the world in the drums of Comes night time and at the same time, we also see the darkness of night stretching out around us, swallowing everything, filling the cracks and chinks. The fancy is here, in a perception of life shaped by our mind: frustrations of past experience in A waltz ring through cello strings and bluesy rhythm. With Focus on the target, a faraway guitar writes in our head the drama tension induced by the scheduled death: « stronger than these blue pills in your hand, it’s more than a pastime, you race with the devil, you won’t reach the final ». The twinge of sorrow due to the break-up between two people is sweating from the shalalalas on Back on the shelf, wrapped up in the guitar chords and the jazzy drums. The sweet and slow routine, peaceful daily course of life is drawn by the violin play, stretching endlessly within Carry me home. Above all, the stress expressed by beaten piano keys in I’m just kidding, Brutus shows the hollowness of all the things we run after: « What’s remain of all these things? » hummed with a feverish tone, slightly strained reminding of David Bowie. The experience is also an experiment, as intellectual as it is sensory. That’s why it sounds so great. The permanent gap between the two levels, senses and soul, helps to create a supernatural universe so attractive, so moving. The discrepancy grows even bigger, the fancy becomes real fantasy, like William Burrough’s hallucinations, in The i in lie: the first notes sounding Asiatic style, almost zen, are the whistle of the locomotive flying in the night taking on board cello and sax. The same sax rocks the soft and tired lament of Heard the PLO: « take them by surprise » to show the life we have had could have been different, that’s what we wanted, but never managed to get. We could almost hear it in the background of Peter Weller’s rambling experience in the excellent movie Naked Lunch. Indeed, the weird strangeness, the essence of fantasy radiating from Bela’s music suits perfectly some features of David Cronenberg’s hallucinated and hallucinating universe. « Alice is a wolf »… The wandering and erring ways of mind staged and praised Bela are fascinating. The alchemy outstandingly works: we are just watching the world through the looking-glass.

Fluffy
Par Merrick
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