Concours

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Dimanche 5 août 2007 7 05 08 2007 10:27





Alors que, de plus en plus, divers musiciens essaient de combler des lacunes musicales sous des arrangements élaborés mais inutiles (il suffit d'allumer sa radio pour comprendre de quoi il est question), d'autres artistes ont compris qu'il était possible de combler l'espace, et de lui donner toute sa dimension esthétique et entière, grâce à la plus grande simplicité, et par l'utilisation intelligente et pensée des plus simples instruments. Et c'est le cas ici, pour cet EP de Nape, artiste française fascinée par ce besoin d"emplir temps et espace, de ne laisser aucun vide. La musique elle-même reste dans son plus simple appareil, ne mêlant que sonorités diverses et surprenantes, guitare sèche (dans tous les sens du terme), et voix. Il s'agit de rechercher l'essence musicale, expérimentale et artistique de l'oeuvre et de la composition, et elle y parvient sans aucune difficulté. Et celà fait du bien à entendre... Parler de la musique de Nape, c'est tout d'abord entendre les boucles musicales entêtantes et hypnotisantes de ses chansons.Chacune comporte sa propre base continue et conductrice, autour de laquelle tout va pouvoir se former, s'imbriquer, et produire chaque effet désiré. Et c'est alors que l'on découvre les éléments les plus fascinants et admirables de l'oeuvre. Le travail vocal est tout simplement impressionnant, tant la voix est utilisée en tant qu'instrument à part entière. Elle est ici exploitée dans ses sons les plus éthérés et denses, vibrante et toute en retrait, grave et intense. Elle se veut voilée et tendre, tout en s'envolant vers des frontières alors inconnues. Elle est belle, et profonde; elle est voix, simplement, et émouvante; de consonnances principalement blues, elle se révèle diverse et étonnante au fil des écoutes, pour envelopper l'auditeur d'une aura musicale chaude et envoûtante. Rien que par elle, l'espace musical se comble, sans artifice, et dans une totale harmonie et pureté. Autour de ces délicatesses sonores, les instruments se déposent sobrement, pénètrent et installent leur présence immuable et indispensable. A l'écoute de chaque titre, on ne découvre aucun temps mort, aucune sensation de répétition. Et là encore, Nape parvient à créer un élément de son art assez exceptionnel: il nous faut entrevoir une représentation visuelle de l'oeuvre sonore. La musique devient image mentale, encercle l'âme et l'emprisonne, la prend et la tient totalement. Envoûtement complet et impressionnant, sans répit et désintérêt possibles. Cette musique est superbe, intelligente, profonde, et entière... Tout en mouvement, en recherche continuelle et en aboutissement sonore, Nape nous fait vouloir plus.

Slug

While nowadays, many musicians attempt to hide musical lacks of talent under elaborated but unuseful arragements ( and this can be heard while listening to the radio everyday), other understood how to explore, fill the space and bring a new esthetic dimension thanks to simplicity, or the intelligent use of instruments. And, as one is listening to Nape's songs, one can only say it is the case here; this French artist needs to fill time and space up with music, and without emptiness in tunes. Music here is simple and pure, and the artist tries to mix different instruments altogether, as acoustic guitars, and vocals. All here is a constant search for musical in its deepest and purest roots, while experimenting and composing, and Nape perfectly succeeds in this way. And that's so good to hear such a beautiful sound, really... Speaking of Nape's music means hearing captivating annd hypnotizing loops in her songs. Each one is headed by a flowing basic structure, on which she will build, imbricate, and create brand new effects and surprises. And while discovering it, one understands what the most fascinating and beautiful tunes really are. Work on vocals is really impressive, as they are used and sung in search of a real and true instrument thanks to them. They are performed with ethereal, intense, vibrating, low and strong tunes. Sometimes they are also tender and gentle, or bring us to never-heard-before sounds. They are deep and profound: they are true and moving vocals. Sometimes sounding like blues, they are more and more original while listening to the songs again and again, in order to wrap around the listener with a warm and superb aura. Thanks to them, the musical space is filled with beauty, simplicity, harmony, and purity. Then, all instruments take their own and delicate place, and find their language while being necessary and perfectly in the songs' mood. Then, while listening to each music and song, one can notice there is no dead moment, no deadline in each performance. Nape creates a particular and exceptional art: each song leads to a kind of wish to see what is sung and played, and find an exhibition illustrating lyrics and instruments. Mental images then take place, penetrate one's soul and hold it strong. Such an hypnotizing talent is nothing but impressive, restless, and more than interesting. Nape's music is wonderful, intelligent, deep, and complete... And thanks to all these tiny moments of music, search for perfect sounds and waves, one needs more and more from her, and hope this will soon happen.

Slug
Par Slug - Publié dans : pastallconcerns
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Vendredi 6 avril 2007 5 06 04 2007 18:25



Comment faire un disque exemplaire de rock'n'roll de nos jours?
A l'écoute de ce nouvel et dernier album de KING SIZE, la recette parait simple : on prend quatre gars motivés et talentueux, on applique la sempiternelle formule si efficace basse-guitare-batterie, on y ajoute quelques claviers discret et eux aussi très efficients, et le tour est joué.
Mais il n'est pas donné à tout le monde d'atteindre un tel niveau, ce qui ne fait que renforcer leur mérite de KING SIZE et la valeur de cet album tout simplement renversant.
Les picards nous offrent en effet treize titres détonnants, et nous régalent d'un vrai festival sonique, rageur et hautement énergétique, entre le trépidant « It's in my blood » qui ouvre l'album et le tubesque « Blah-blah » qui le clôt.
De surcroît, avec Iain Burgess à la prod', les ressortissants de Crèvecoeur le Grand se dotent d'un son à la fois clair et bien rock'n'roll, mélodique et tranchant, ce qui hausse encore le niveau des compos qui suivent, tel ce « Insight » de folie, funky et aux claviers groovys irrésistibles, ou ce « Dark nights » au refrain de ceux qu'on ne peut s'empêcher de brailler comme un possédé.
Que dire ensuite de ce « Death row » certes plus léger mais aussi simple que passionnant, aussi évident, aussi immédiatement charmeur ? Comment ne pas sombrer devant la splendeur de « Sixteen again », émouvant et qui, de plus, montre que KING SIZE sait se montrer d'égale valeur sur le terrain de la délicatesse vocale et instrumentale ?
Ca repart sur les chapeaux de roue avec « Glad all over » et ses guitares acérées, sans fioritures, sobre et direct, puis le mid-tempo « Bitter end », habile compromis entre le versant « soft » de la formation et son côté plus « wild ».
Retour ensuite au rock'n'roll direct avec « Torture », autre standard du style, puis « Dead set on living », plus enlevé encore et qui achève de faire de cet album une collection impressionnante de tubes définitifs, aux délicieux parfum 70's doté d'un son actuel aux petits oignons.
Ambiance bluesy prenante ensuite avec « Plastic soul », joli intermède dans le déluge vitaminé qui nous est servi ici, et qui reprend ses droits sur « Outta time », adroitement nuancé entre énergie et plages plus tempérées, avant que le tempo ne retombe sur « Farewell song », un peu semblable à l'excellent « Death row » de par l'émotion qu'il exhale. Avant le « blah-blah » phénoménal qui met un terme à ce disque d'ores et déjà indispensable et qui, en plus de squatter nos platines un long moment, va nous obliger à nous replonger illico presto dans la discographie de KING SIZE.
Enorme !

Never So Close

How is it possible to compose a perfect rock'n'roll album nowadays?
While listening to the new and last King Size album, it appears to be simple: take four talented and motivated guys, apply the famous but efficient bass-guitar-drums musical format, add a few discreet but delicate keyboards, and here it is.
But being able to play and compose in such a perfect way is not easy, and that is why King Size is so talented and original, and proves that this album is a gem.
This band from Picardie, France, offers us 13 explosive songs, and amazes us with a real sonic, angry and energic exhibition off their talent (between the first song, It's In My Blood, and the last one, Blah-Blah).
Moreover, thanks to producer Iain Burgess, these musicians from Crèvecoeur-le-Grand play a soft and rock'n'roll music, as melodic as rough, and this is what puts the band at a higher level, thanks to songs like furious , funky and groovy arranged Insight, or Dark Nights and its amazing chorus, which one can't but sing along as if one is possessed by the music.
In  this case, what about the song Death Row? First, it appears to be less powerful and softer, but then becomes passionate and immediatly charming. And can't anyone feel moved and captivated by a song like Sixteen Again, which proves that King Size knows how to tune vocals and music in a soft and perfect way?
Then, energy is back with angry, straight and rough guitars on Glad All Over, which is followed by wild then soft mood on Bitter End, before coming back to real rock'n'roll music on Torture, which already sounds like a standard. Then comes Dead Set On Living, a song which proves again that this particular album is a perfect and impressive collection of great songs, sometimes sounding like a perfect mix between 70's sounds and nowadays' music.
Plastic Soul then becomes a kind of stop in this energic and fabulous journey, thanks to blues-like sounds and mood, before Outta Time gets the listener back to rock, including violent and moderated tunes. Then, the tempo of this music slows down on Death Row, which is a really emotional song. And, while finishing the album on powerful and delightful song Blah-Blah, one can only say that this album is now highly recommended, and will be played during long months and years, then immediatly bring us back to all King Size albums. This music is Huge!

Never So Close
Par Never So Close - Publié dans : pastallconcerns
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Vendredi 6 avril 2007 5 06 04 2007 16:06



Le Comte de Fourques, perpignanais « exilé » à Paris, affublé de ce pseudonyme en hommage au village ou il vécut il y a quelques temps et où il retourne lorsque les impératifs de sa vie d'artiste le lui permettent, nous offre ici une carte de visite assez prometteuse. Fort de quelques premières parties de Cali, tout comme lui perpignanais d'origine, le Comte est donc monté sur Paris, désireux de prendre son envol et de parfaire son émancipation musicale. Et le résultat de ses travaux tient pour l'instant, et en attendant l'album, en un Ep incluant cinq titres au son rock, mais appartenant avant tout au domaine de la chanson. En effet, le côté rock est certes présent mais assez bridé, et je tendrai à dire, à l'écoute de ces morceaux, que le Comte gagnerait à durcir quelque peu le ton. Non pas que les titres présentés ici soient mauvais, loin s'en faut, mais l'ensemble serait plus probant encore si l'instrumentation se montrait plus audacieuse, plus ouvertement rock, bref moins sage, à l'image de « Sans me forcer » qui, lui, s'avère plus « colérique » et lorgne du côté de certains titres de la Mano Negra époque « Patchanka ». Cependant, le potentiel est là et bien là, et il est plutôt conséquent. Les textes sont de qualité, la maîtrise de la langue est évidente, et l'accompagnement musical en adéquation avec l'option choisie par le Comte. « Le bonheur est nocturne », premier des cinq titres de ce Ep, se voit gentiment relevé par des cuivres et des guitares gentiment rock, de même qu'un orgue discret, une voix féminine en fond venant parfaire la trame imposée par ce morceau. Arrive ensuite ce « Sans me forcer » évoqué plus haut, puis « Pluie acide », entre versant rock et parties plus sages, une guitare venant parfois aciduler ce titre lui aussi assez concluant. En quatrième position se présente « Oublie-moi », assez sage mais joliment acoustique, puis le disque s'achève sur « Dans la lune », lui aussi à dominante acoustique mais plus remuant, aux testes basés sur un auto-dérision bienvenue et significative d'une grande modestie de la part du Comte. Là encore, des guitares acides viennent gentiment épicer le titre, ce qui fait qu'au total, ces cinq titres trouvent leur équilibre entre élans rock, encore un peu timides et épars mais affirmés, et plages plus nuancées et faisant la part belle aux textes. Pour conclure, un Ep prometteur et annonciateur d'un album qui, à n'en pas douter, s'imposera sans trop de problèmes et offrira au Comte une place de choix sur la scène hexagonale. Une seule question subsistant encore à l'issue de l'écoute : le Comte creusera t-il le côté rock de ses compositions, ou demeurera t-il sagement campé sur cette position entre rock et chanson, certes peu audacieuse et assez sage mais au résultat probant malgré tout. A suivre…

Never So Close


Le Comte de  Fourques, French musician from Perpignan who now lives in Paris, took this pseudonym in homage to the village where he used to live some time and where he goes back when the requirements of his artistic life allow him, offers to us here a rather promising demo of his talent. After playing some first parts for Cali, who, like him, comes from Perpignan, Le Comte is thus gone up to Paris, eager to have his own take-off and perfect his musical emancipation. And the result of his work is rather good for the moment, and while waiting for the album, this Ep includes five titles tainted with rock'n'roll, but being above all closer to songwriting. Indeed, the rock aspect is present but pretty shy, and I would tend to saying, while listening these pieces, that Le Comte would gain to harden his sound somehow. Not that the songs here are bad, that would be a lie; but the unit would be more convincing if instruments were shown more daring and more openly rock, then less wise; for example, Without me forcing, which proves that he can play a rougher music and looks like certain Mano Negra songs ( like in Patchanka). However, his potential is really convincing, and rather consequent. Lyrics are perfect, language is obvious, and the musical accompaniment is in adequacy with the musical choices made by the Count. "Happiness is night", first of the five songs of this Ep, is seen nicely raised by coppers and nicely rock'n'roll guitars, a discrete organ, a female- voice melting and perfecting the symbolism created thanks to this song. It is also confirmed with "Without me to force" mentioned above, then "Acid rain", between slope wiser rock'n'roll and a guitar, which is  sometimes played to acidulate this title in a very conclusive way. In fourth position appears "I Forgets itself", rather wise but nicely acoustic; then, the disc is completed on "In the moon", composed with dominant accoustic but more stirring up sounds and tune tests based on a significant derision of  great modesty on Le Comte's behalf. There still, from acid guitars nicely spicing the song, with the result that on the whole EP, these five songs find their balance between dashes rock'n'roll, still a little timid and scattered but marked, and more moderate waves and beautifully shared lyrics. As a conclusion, this EP is full of great promising and heralds an album which, with no doubt, will be essential without problems and offer a place of choice on the French rock scene to Le Comte. Only one question still remains at the end of ourlistening: will Le Comte dig into the rock'n'roll side of his compositions, or will he remain wisely camped on his position between rock'n'roll and songwriting? Certainly not, very daring and rather wise but with the convincing result despite everything. To be continued…

Never So Close
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Vendredi 6 avril 2007 5 06 04 2007 15:01



Un petit conseil avant de pénétrer l'univers si particulier et intimiste de cette magnifique et belle artiste qu"est Delphine Dora; rester seul, s'isoler, afin de découvrir ces piécettes musicales intenses et profondes, simples et émouvantes. Ne pas non plus songer à un album qui sera surchargé d'arrangements élaborés, d'instruments plus divers les uns que les autres; non, ici, deux instruments, à savoir piano et voix, prédominent, et sont exploités jusqu'à leurs limites mélodiques les plus intenses et extrêmes. Il faut donc entrer dans l'univers de cette artiste unique comme on entre dans un lieu sur lequel on est tombé au hasard, sans en rien connaître; avec humilité, respect, et désir de découverte.

Car au long des 19 musiques et petites oeuvres-d'art présentes sur ce magnifique album, l'auditeur est transporté dans un univers peu commun dans le domaine musical: ni folk, ni classique, ni acoustique. Un monde que seule Delphine semble capable de créer, ce qui lui assure une légitimité et un éclat noir unique et incomparable. D' harmonies magnifiées par un piano toujours en quête de son propre langage aux mélodies vocales décalées mais pourtant si précieuses, tout ici demeure du domaine de l'intime et de l'immédiat, de l'urgence et du souci d'élaborer des titres magnifiques et sentimentalement envoûtants et superbes. Cette simplicité est moins évidente qu'il n'y paraît au fil des écoutes: car chaque note, chaque son, chaque détail semble avoir été travaillé encore et encore, en tirant sur une corde musicale toujours ténue et sur le point de céder à chaque instant.

Immédiateté et intelligence, voilà les deux substantifs qui permettent de décrire une telle musicalité intemporelle est difficilement comparable (ceci expliquant que chaque titre de l'album s'intitule Untitled...). A l'image de la photographie ornant la pochette de l'album, sur laquelle on voit Delphine tenant le combiné d'une cabine téléphonique, chaque mouvement de l'oeuvre se veut être un instantané de vie, un moment précis au fil d'un voyage à travers l'existence. On imagine volontiers l'artiste errant dans des contrées, ruelles et arcades, observant chaque comportement, chaque individu, chaque lieu, et, soudainement prise d'inspiration, se posant et créant une musique décrivant un instant particulier et précis. Les oeuvres sont une errance, un moment M, une photographie sonore de ce périple. Mais tout est tellement musical, au sens émotif et sensitif du terme, que l'on demeure troublé par une telle intelligence dans la composition. Tantôt, les Nocturnes de Chopin nous viennent à l'esprit. Tantôt, les petites piécettes inachevées de Yann Tiersen (période Rue Des Cascades) semblent s'approcher de ce que l'on ressent ici. Si Delphine avait la possibilité de conserver son piano avec elle à chaque instant, nul doute que plusieurs autres oeuvres auraient vu le jour, ce qui semble être le cas actuellement, et ce qui paraissait déjà évident à l'écoute de ses précédents opus, Floating Existence et Songs For Christmas. Créer sur le moment est déjà une réelle gageure de qualité; mais composer de manière aussi complexe de telles pièces relève de la qualité et de la sensibilité, et personne ne pourra le nier.

La voix, quant à elle, risque peut-être d'en rebuter plus d'un aux premières écoutes de cette oeuvre; basée sur une langue le plus souvent inventée de toutes pièces, elle se veut faussement décalée, et rompt la mélodie créée par le piano. Mais ce grain de folie est une nécessité dans l'oeuvre de Delphine Dora; comment saisir des instants, si ce n'est justement pour donner cette irréalité, cette vision personnelle de moments précis et particuliers? Et de même, il suffit de se poser une autre question tout aussi évidente: sur de superbes mélodies instumentales, comment chanter pour ne pas étouffer la musicalité de l'ensemble? Delphine chante comme elle vit ses oeuvres: tel que la voix lui vient à l'esprit, sans désir de fioritures, mais avec une sincérité et une violence parfois déstabilisantes, mais tellement envoûtantes. Ainsi, on rit, on pleure, mais on demeure ébahi et hypnotisé par ces oeuvres, courtes, intenses, et directes. Après vous avoir heurté, elles vous emmènent vers un monde indescriptible et personnel, vers une mise à nu rarement poussée à un tel paroxysme. Delphine Dora se dévoile, sans se cacher, et sans exhibition exagérée. Et ce coup de maître est à saluer, tant il est exceptionnel et émouvant.

Blablabla est une oeuvre d'une beauté froide et audacieuse qui ne peut laisser aucun auditeur insensible; une telle originalité, un tel dénuement sont difficiles à découvrir et à révéler, mais Delphine Dora, sans se dissimuler, se montre à visage découvert, et nous dit de suivre, ou non, les révélations intimes et personnelles qu'elle nous offre. Personnellement, je ne parviens pas à quitter son oeuvre, tant les découvertes se font plus intenses. Emouvant, prenant, captivant, unique. La musique dans son essence même, et dans sa grande révélation. En cueillant cette fleur, on en distille le suc sans blesser une merveille naturelle et tout simplement belle. A vite se procurer, afin de parcourir ces instants vitaux et rarement entendus; afin de comprendre que chaque détail, chaque moment de l'existence, compte...

Slug


Just one thing before you penetrate Delphine Dora's so particular and intimate universe: try to be alone and get complete isolation, so that you will be able to discover her intense and profound, simple and moving musical pieces. Don't even think about elaborated and overwhelming arrangements, or several instruments; you will only listen to two of them, piano and vocals, which are performed past their own melodic and extreme limits. So, in order to enter this single and amazing universe, there is only one thing to do: imagine you are travelling through a place you weren't supposed to come through, and where you don't know anything. And please, remain humble, respectful, and open-minded to brand new discoveries.

Because, thanks to the 19 wonderful musical pieces and songs played on this magnificent album, the listen is invited to travel through a never heard before musical universe: it is neither folk, nor classical, and never acoustic. And only Delphine seems to be able to create such a delicate and fascinating world, which gives her a real value and right to inspire such a dark and unique style which can't be compared to any other one. From magnificent piano harmonies and tunes, creating a single and real language, to untuned but precious and subtle vocal melodies, all here is full of intimacy and strength, emergency and a will to create magnificent, beautfiful and emotionnaly hypnotizing songs. But this supposed-to-be simplicity become less certain after several listenings of the album: every tune, sound and detail appears to be meant and intelligently composed, again and again, while the artist always tries to go further down the musical limits of this amazing music.

Such an original and apart from space and time music can only be described thanks to two words: emergency, and intelligence (and this can explain why every song title is... Untitled!...). As for the picture appearing chosen to illustrate the album cover, and on which one can see Delphine into a phone booth, speaking, each piece of music is like a moment in life, or a pause during a long journey throughlife itself. One can easily imagine the artist travelling through different countries, streets and place, and looking at every people she can meet, and every place she visits; then, she suddenly feels inspired, stops here and creates an immediate music, thanks to her inner feelings at this particular time. So, her music are like a travel, an instant, or a kind of musical picture taken during this long journey. But everything here is moving and sensitive moving, and nothing else, so that one can only admire the sense and intelligence of composing. Sometimes, Chopin's Nocturnes come to mind. Sometimes, Yann Tiersen's music (as in Rue Des Cascades) seems to be the main influence. If Delphine only could keep her piano with her while walking down the streets, no doubt she would already have created other music and songs; and this is exactly the case here, as for her last albums, Floating Existence and Songs For Christmas. She needs to create music at a particular time, and this is a wonderful sign of musical quality and intelligence; but she also succeeds in composing sensitive and beautifully-structured songs, and nobody will be able to go against her talent.

Speaking about vocals themselves, it is clear that they could seem to be rough for several listeners at the first time; based on an unknown and invented language, they sound untuned, and sometimes appears like a braek in Delphine's musical universe. But this part of madness sounds like it's necessary in Delphine's universe; how could she give a real value to these moments in life, if she didn't bring something unreal into the songs themselves, or her own vision of such precise and particular moments? Moreover, another question should be asked now: on such remarkable musical tunes, how should Delphine sing in order not to erase and hide the homogeneity of her album? Delphine's vocals appear to be a perfect meaning of her vision of music and life: her voice is an immediate meaning of her mind and ideas, it is straight to the bone, sincere and sometimes violent, but always hypnotizing. Then, thanks to her, one laughs, cries, and remains impressed and fascinated by her short, intense, and straight work. After being a shock, it takes us to a personal and surreal world, and to a deep and naked-like exhibition of the artist herself. Delphine Dora stands right here, in front of the listener, naked, but pure. And such a masterpiece and devotion have to be honoured and admired, as they are so fascinating and moving.

Blablabla is a cold and audacious master, and won't leave the listener without different and intense feelings; such an originality and exhibition are hard to reveal and expose, but Delphine Dora manages to show her inner feelings without hiding, and invites to follow her or not, and appreciate her personal and intimate revelations about herself. This album is moving, captivating, and unique, and reveals music in its real essence and revelation. While holding such a musical flower, one drinks its nectar without hurting it... Everyboy shall immediatly get this music, and travel through these living and rarely heard moments, in order to understand that every moment of our lives is important, forever...

Slug
Par Slug - Publié dans : pastallconcerns
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Jeudi 5 avril 2007 4 05 04 2007 19:29



N'y allons pas par quatre chemins: Aube Lalvée est une artiste hors du commun, sensible et douée d'un talent musical hors normes. Oui, d'aucuns me diront que commencer une chronique de la sorte est assez éxagéré, mais c'est une réalité que personne ne pourra nier. Et surtout pas moi; ces Hivers 2005/2006, qui attendent depuis si longtemps quelques mots les concernant, ne m'ont pas quitté depuis plusieurs semaines, et pour cause: à l'écoute des 13 titres de ce remarquable album, l'auditeur est invité à visiter plusieurs palettes musicales et émotionnelles tendues et intenses, simples et transperçantes. Et une telle inspiration, une telle diversité musicale se doivent d'être mises en valeur le mieux possible, ce qui va ici être tenté.

Lorsque l'on visite la page Myspace d'Aube, la première chose qui impressionne est la diversité des influences musicales qu'elle cite: les groupes ou artistes officient dans des arts en totale opposition (Mozart côtoie ainsi Matmos ou Cult Of Luna, mais si, c'est possible!), et les rapprocher semble délicat et osé. Pourtant, lorsque l'on écoute l'oeuvre de cette magnifique artiste, la première sensation qui envoûte réside dans cette diversité musicale: aucun titre ne ressemble à un autre, que ce soit en termes de longueur que de musicalité. On visite ainsi des contrées aussi bien à prédominance classique ( Disposition Chagrine) que post-rock mogwaïen (Transparence) ou slowcore enivrant et impressionnant (Les Jours Heureux, Je T'Aime Encore En Attendant). Une telle diversité captive et laisse l'auditeur bouche bée, celui se posant la question suivante: comment une seule et même artiste est-elle capable de retranscrire de manière aussi parfaite toutes ces imageries musicales singulières, intimes et puissantes? La question reste encore en suspens, et la seule réponse pouvant être apportée ici est: un grand talent musical. Aube écoute et pénètre ses auditions, s'enrichit des structures, des sons, des ambiances, afin de se les approprier et de les personaliser, ce qu'elle réalise à la perfection.

Car, même si ces oeuvres se composent d'une multitude impressionnante d'instruments (pianos, guitares saturées, samples, boîtes à rythmes froides et presque martiales sur certains titres), on ne peut que ressentir une grande intimité dans ces Hivers. On a alors la sensation qu' Aube a trouvé dans les musiques qu'elle écoute chaque détail qui s'approchait le plus de sa sensibilité, chaque instant, même quelques secondes, qu'elle souhaitait retranscrire à sa manière. Ainsi, en écoutant ces magnifiques, sombres et envoûtantes compositions, on demeure sidéré par la particularité et la personalité révélées par Aube: plus que de retranscrire (impossible d'utiliser ici le verbe "imiter") ses influences, elle les ingère, les pense, et les recompose, pas à pas, dans un souci d'évocation d'émotions diverses et remarquablement intenses. En créant chaque morceau avec intelligence, subtilité, et sans saturation (d'autres auraient déjà basculé dans cette voie), elle se replie et se rend humble, délicate, et subtile.

L'album est sombre et calme, malgré quelques moments proches de la tempête, mais celle-ci ne fait qu'effleurer les côte musicales ici présentées. Entre ces rythmes profonds, aériens et sauvages, venteux et hypnotiques, les instruments entourent une structure musicale au fond du puits, et en révèle chaque facette, jusqu'à permettre à l'auditeur de remonter vers la lumière. Ainsi, la mélancolie fait place à l'éblouissement, la tristesse à l'enivrance. Sachant doser chaque mélodie et mouvement (le sublime et incomparable Disposition Chagrine), Aube dévoile au fur et à mesure ces existences palpables, ces battements de coeur lents et orageux, ténus et pénétrants. Et lorsque une voix masculine aérienne et lente vient envoûter l'oeuvre jusque là purement instrumentale (Ce Noir En Moi), on découvre un contrepoint masculin phenoménal et impressionnant des travaux de Lisa Gerrard avec This Mortal Coil, prouvant une nouvelle fois qu'il est ici question d'atmosphères, de transcendance et de magnificence. Les désillusions sentimentales et personnelles bercent cette oeuvre à part et totale, où l'on côtoie tristesse, mort, amour, brûlure, nuit et divinité. Un langage musical et spirituel se révèle, chaque titre devient explicite de l'ambiance musicale qui va être découverte, et révélée avec intelligence et passion.

Il y a quelques mois, j'ai écrit à propos de Drift Ease Line que leur album m'avait sauvé la vie; en ce qui concerne ces magnifiques Hivers, il en est de même, tant plonger dans ces atmosphères éloignées de tout onirisme inutile, mais au contraire puissamment sensibles et sombres est un exutoire aux pensées les plus folles, aux états les plus dépressifs que chacun rencontre dans l'existence. Aube L est une artiste hors du commun, sensible, mélancolique, et douée d'un talent de composition avec lequel il sera difficile de rivaliser. Alors oui, Hivers 2005/2006 est une thérapie en lui-même, une évocation musicale de pensées et sensations enfouies et auxquelles personne ne veut accorder aucune réalité; Aube, quant à elle, ose franchir ce cap, et y parvient avec un respect, une intelligence et un talent difficilement comparables. Et pour cette magnifique artiste, et ces émouvants moments de l'âme, je finirai sur une parole toute personnelle: MERCI...

Slug



Let's make things clear: Aube Lalvée is a great and wonderful artist, sensitive and musically talented. Of course, people will certainly think that writing a review with such words is a bit exxagerated, but believe me, it is the case here, no doubt about it at all. And I won't go against this feeling: Hivers 2205/2006, an album on which I should have written a few words long times before (as for others, I know...), is a musical collection which has been following me for months, and here is why: while listening to the 13 songs included in this remarkable album, the listener is travelling through different musical and emotional, tense and intense, single and straight-to-the-bone artistic landscapes. And such an inspiration and musical diversity have to be valued the best we all can, and that is what I will try to explain and express right now.

While reading and watching Aube's Myspace page, one is first impressed by the musical diversity she is writing about: bands and artists are not playing or composing the same kind of music at all (then, one can notice that Mozart stands near Cult Of Luna and Matmos, which first seems to be impossible...), and trying to make them closer and let the listener identify each of their styles is pretty hard. But, while listening to the artist's masterpiece, one can first feel this musical diversity: no song sounds like the other, whether they are longer, or musically deeper. One then goes from classical (Disposition Chagrine) to Mogwaï-like post-rock (Transparence) or hypnotizing and fascinating slowcore (Les Jours Heureux, Je T'aime Encore En Attendant). Such an impressive collection of separated influences strikes the listener and is really impressive. Then, let's just ask: how can only one artist recreate so many different, intimate and powerful musical styles, and most of all, how does she manage to do it in such a perfect and absolute way? This question will often be asked, but no real answer will be found. The only thing I can say right now is: Aube possesses a great and wonderful musical talent and gift. She listens to and penetrates each musical she's hearing, and gets her own language thanks to structures, sounds, moods, in order to get her own personality and originality; and she perfectly succeeds in this perilous way.

But, even if these songs are performed thanks to a lot of different instruments (piano, overdrive guitar, samples, cold and almost indus electronic rhythm and loops), one can only admire the huge intimacy which can be inspired by this music. Then, one can only think that, thanks to all the music she has listened to and in which she has found inspiration, Aube has found details that could bring her closer to her sensitivity and art (even only a few seconds, or sounds), and that she wanted to perform according to her own vision. So, while listening to these magnificent, dark and captivating musical pieces, one can only admire Aube's sensitivity and originality: more than only testifying for her influences (and one can never use the word 'imitate'), she seems to possess an think about them, then recomposes, step by step, in order to express several remarkable and intense feelings. While creating every music with intelligence, quietness, and without any wrong element (a thing that could have been easily done by other musicians), she also appears to be a self-made a, humble, delicate and subtle artist.

Most of the time, the album sounds dark and slow, even if several songs are like a musical storm; but this is only a small part of Aube's music and art. Thanks to deep, aerial, wild, ethereal and hypnotizing rhythms, instruments are here to illustrate and music heard out of, well, a kind of musical and artistic well, if you allow me to say so. They are here to show each side of the music itself, and then help the listener to go through darkness and find light and peace. Then, after feeling melancholy, one can admire brightness, sadness and emotion. Aube succeeds in giving each sound its right place and movement (listen to the sublime and unimaginable song Disposition Chagrine), and reveals slow, stormy, straight and penetrating heartbeats. Then, while hearing aerial and soft male vocals in an apparently instrumental album (on Ce Noir En Moi), one can only consider such an amazing side of the music as a perfect symbiosis with Lisa Gerrard's songs on 4AD project This Mortal Coil; this proves again that all here is about atmospheres and moods, transcendence and extreme beauty. Emotional and personal disillusions are revealed thanks to this musical and so particular masterpiece, in which one can hear and feel emotions about sadness, death, love, suffering, night, and divine. Then, Aube reveals a musical and spiritual language: each song is a perfect example and part of the musical mood and tension which are about to be discovered and heard, and shown with intelligence and passion.

A few months ago, while I was writing about Drift Ease Line music, I wrote that their music saved my life; now, thanks to this magnificent album Hivers 2005/2006, I feel the same. Because while travelling through such beautiful but never oniric and dreamy atmospheres, strongly sensitive and dark moods, I feel like I am finding a way to let my frustrations, madness,  and breakdown-like thoughts sort out, as others will probably do. Aube L is a wonderful, sensitive, melancholic and gifted artist, who is able to compose a music which cannot be compared to others nowadays; and it will be hard to find a better artist in this particular and original style. So, yes, Hivers 2005/206 is a completely therapeutic albumn as much as a musical testimony for hidden and unbearable, dark and hurting feelings people never want to accept and consider as true problems and thoughts; Aube accepts and artistically evokes these feelings, and succeeds thanks to respect, intelligence, and a huge talent. So, in order to show my personal love for this magnificent artist, and for letting us contemplate such moving sides of the human soul, let me say this to her: THANK YOU...

Slug
Par Slug - Publié dans : pastallconcerns
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