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pastallconcerns

Lundi 11 décembre 2006 1 11 /12 /2006 15:47



Lorsque l'on découvre la musique de Views Of Tao pour la première fois, une seule idée vient à l'esprit: en formant un duo musical composé d'un multi-instrumentiste aussi talentueux, et d'une voix féminine si belle, sensuelle et profonde, pourquoi a-t-on tellement l'impression de voyager dans des compositions musicales aussi étrangement expérimentales? Car c'est bien cette sensation qui nous prend au premier abord: il est ici question de sons, rythmes et boucles électroniques, quelques notes synthétiques suivant les morceaux, et une voix en perpétuelle recherche et évolution. En tout cas, une chose est certaine: on ne risque pas de manquer d'inspiration et de sensations durant ce séjour dans une musique aussi électronique que vivante. Les deux sont-ils conciliables? Views Of Tao nous prouve que oui, tout celà est possible...

Musicalement, les chansons (on serait plutôt tenté de dire: les pièces de puzzle musical) se réduisent à leur plus simple appareil: quelques boucles rythmiques élaborées et jamais répétitives, qui apparaissent plus comme des pulsations proches du silence. Elles sont, au-delà de leur aspect artificiel, vivantes et organiques; elles nous permettent de vibrer, soit en ressentant les piqûres qu'elles nous assènent, soit en se faisant douces et en retrait. Elles apportent une impulsion musicale, sont une base minimale, parfois dissonnante, un terrain sur lequel chaque style musical rencontré peut trouver une nouvelle valeur. Ces rythmes synthétiques sont impressionnants d'originalité et de recherche sur les sonorités, composantes d'un seul et même contexte rythmique à la fois novateur et délicat. Car plus que de simples boucles, ce sont des vagues, des claquements, des rythmes cardiaques pour les chansons. A elles seules, elles deviennent langage, propos sur lequel musique et chant vont pouvoir argumenter, et se développer.

Sur ces bases rythmiques, les mélodies synthétiques peuvent alors revêtir une liberté totale pour chacune des chansons. Soient elles se résument à quelques notes à peine effleurées, mélodie minimaliste et dépouillée de tout fioriture inutile, comme si la recherche ici menée était axée sur l'origine du son lui-même et de sa portée sensible immédiate. Mais parfois, on rencontre de sublimes élans harmonieux et inspirés par des origines aussi diverses que surprenantes et agréables: du trip-hop le plus émotionnel et poignant à des consonnances africaines et arabisantes, ces arabesques musicales permettent d'insuffler aux compositions une valeur de repos et de plénitude, une respiration avant de continuer à flotter dans ces mélodies artistiques si belles, et permettant à l'auditeur d'aller de découverte en découverte, en lui permettant de vivre une écoute des plus actives et concentrées. Mais loin de n'être qu'une musique cérébrale, elle se veut émotionnelle et directe, sans attrait inutile. De plus, elle forme un écrin dans lequel l'exercice vocale peut reposer, et trouver toutes ses libertés.

Et c'est ici que la sensation est la plus émouvante: la voix de Florence est impressionnante de maîtrise et d'originalité pour chacun des 13 titres de l'album. On pense tout d'abord à Björk et à son côté mélodieux et décalé; mais au-delà de cette référence, il est difficile de rapprocher et de restreindre les vocalises de l'artiste à de simples styles ou musiciens, tant elles sont originales et diverses. On voyage ainsi dans le jazz, le blues, le trip-hop, mais également dans les musiques africaines et orientales. La voix se fait rythme et langage à suivre, et à apprécier. On est encore plus admiratif devant les choeurs que celle-ci revêt sur certains morceaux, et qui, plus que de doubler la mélodie vocale principale, lui apporte support et harmonie. Un travail impressionnant a été fourni par Florence pour mettre en valeur sa fragilité et ses convictions, et elle parvient à créer une instrumentation vocale élaborée et sensible, diverse et prenante. Tantôt sensuelle, tantôt émouvante, et souvent rythmée et métronomique, elle apporte à la musique sa valeur même, sa signification essentielle. Elle est mélodie et accents, rythme, respiration, et séduction.

Bien entendu, certains ne s'arrêteront qu'à l'aspect très particulier et expérimental des chansons entendues; mais ce serait restreindre le style musical de Views Of Tao dans des limites qu'ils désirent dépasser, et dans un style qui ne leur serait pas propre. Et pour cause: tout est là pour permettre d'entendre sans ennui, de découvrir, d'admirer, de réfléchir, et d'avoir cette écoute active et intelligente, sensible et surprenante, dont il a déjà été question. Views Of Tao a réussi à créer un univers mystérieux et prenant, trouvant ses sources entre mythologies étrangères et passé musical, et leur donnant un souffle nouveau et musicalement irréprochable. Il tarde de voir ce duo sur les planches (sous forme de trio: un musicien, deux voix), afin de partager ce voyage sensuel, intense, et sans frontière...

Slug




When discovering Views of Tao's music for the first time, only one thing comes to our mind: since we are faced with a duet of such a talented multi-instrumentist and so beautiful, sensual and amazing a singer, why can't we but think those sounds are like a journey through strange and experimental landscapes? This feeling is the main one which remains: all here is about sound, rhythm, loops, synthetic waves and a perpetually evoluting voice. One thing is certain: all is about inspiration and sensations during this stay in an electronic and living music. But can both sides complete each other? Views of Tao prove that all of this is possible...

Musically speaking,the songs (or, apparently,the pieces of a kind of musical puzzle) are simple and straight: a few elaborated and never repetitive rhythmic loops sound like heartbeats and are sometimes close to pure silence. Apart from offering an artificial aspect, they are living and organic; they bring vibrations, sometimes like stings through the skin, sometimes sweet and peaceful. They bring a musical impulse, and are a basis, even if they often sound like noises; they are a landscape where every musical style can find a new value. Those synthetic rhythms are original and impressive, and a real work on sound in its most visceral way. They also appear like a delicate and new vision of rhythm and loops. More than being simple musical samples, they are like waves, kicks and heartbeats for their songs. Then they become a real and true language, and the music and vocals can now develop themselves and thus find their own way .

On such a rhythmical basis, synthetic melodies can then be played freely for each song. Either played with only a few tunes, as a minimalist and a single melody, as if the composer was looking for the origin and essence of sound itself, and its straight meaning, or played in a sublime and harmonious way and inspired by surprising and multiple origins, those musical universes bring rest and faith to the listener,going from emotional trip-hop to African and Arabian sounds, and let him breathe before floating and swimming in such artistic melodies. Then, the listener can discover each song one by one, and  have a perfectly active and concentrated attention to the music. But more than only being intelligent music for the brain, it is also emotional and straight. Moreover, this music is like a place where vocals can find the freedom of singing.

Then appears the most emotional part of the album: Florence's vocals are impressive and full of originality and talent throughout all the 13 songs of the album. She first one reminds us of Björk and her tuned and amazing way of singing; but much more than this single reference,the vocals find a real diversity and originality. Her voice makes us travel through jazz, blues, trip-hop, but also African and Oriental songs. It then becomes a real language which has to be followed and appreciated. And one can't but admire the choirs which, more than simply doubling the main vocals, give support and harmony to them. Florence made such an impressive work in order to value her vocal fragility and convictions, and she then created an elaborated and sensitive, then captivating and original instrumentation. Sometimes sensual, sometimes, moving, and most of the time metronomical and full of rhythm,the vocals give value and meaning to the music itself. They are a melody, accents, rhythm, breath, and seduction.

Of course, a few listeners will only hear this music as a particular and experimental one; but this could only be a characteristic of a small part of the album, and its deepest essence. Views of Tao makes a music which doesn't care for borders, and wants to go to the outer limits of songs, thanks to their own style and way of composing. Nothing here is boring, and everything is made to discover, admire and think, then be a part of an active, intelligent, sensitive and surprising way of hearing music. Views of Tao creates a captivating and mysterious universe, finding sources among foreign mythology and music from the past, and bringing a new meaning to them, artistically and musically. Now, one can't but think of them playing live (as a trio: one musician and two female singers) and share this sensual, intense, and infinite journey...

Slug
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Samedi 16 décembre 2006 6 16 /12 /2006 09:59



Tracklisting: 1. Ghost World 2. If We Are Free 3. Getting Better 4. Mad Clown 5. The Alarm 6. Endless Break 7. Red Bull 8. Loneliness 9. Inside 10. Steering Away



Il est parfois assez difficile de réussir à décrire ce que l'on ressent à l'écoute d'un album, comme celà est le cas pour celui ici présenté, Endless Work In Progress, de 16pac. Non pas que l'on ne soit pas capable d'exprimer ses sentiments afin de dire s'il s'agit d'un bon ou mauvais disque, mais simplement parce que l'on n'en ressort pas indemne, ni indifférent. Au contraire: après avoir écouté ce disque, on se dit que l'on tient là une magnifique collection de chansons liées les unes aux autres par un style très particulier, et propre au groupe. Et c'est justement là que l'exercice devient compliqué: quel style? De quel courant musical l'oeuvre de 16pac peut-elle le plus se rapprocher, du fait de sa diversité, de sa multitude de couleurs (même si le gris de l'âme domine) et de tonalités? Oui, parfois, on ne sait pas par où commencer...

S'il fallait retenir une prédominance pour cet album, ce serait entre folk intimiste et pop simple et mélancolique. Ni trop l'un, ni trop l'autre. La musique de 16pac se veut discrète, douce, et triste, sans pour autant tomber dans le désespoir. La guitare y est parfois l'instrument sur lequel tout repose (Ghost World, Getting Better), ou laisse la place à des instrumentations plus synthétiques et proches des sons cold-wave des années 80 anglaises ( If We Are Free, The Alarm, Loneliness), mais toujours dans un souci de simplicité instrumentale, sans rien ajouter de trop. On pense parfois aux premiers albums d'Archive (The Alarm), ou à une pop plus actuelle, mais toujours sobre ( Endless Break). Les nappes synthétiques restent sobres et ne couvrent jamais soit une guitare acoustique plus qu'émouvante et en complémentarité avec la voix (Getting Better), soit un piano doux et tristement captivant ( Mad Clown, Endless Break). La démarche instrumentale est pop, mais le résultat et les envolées de certains morceaux le sont beaucoup moins.

On passe donc d'une musique électronique entêtante à l'apparition d'une guitare électrique apportant une tonalité beaucoup plus énergique (If We Are Free), et c'est dans de tels moments que l'on prend conscience de tout ce que cet album recèle comme surprises et originalité. On est parfois proche de la folk pure (Steering Away), ou l'on s'envole vers des contrées beaucoup plus post-rock (Mad Clown, Red Bull). Et l'on trouve des chansons pour lesquelles les changements musicaux, sans être abrupts, sont sensibles et impressionnants, passant d'un calme aérien à une plénitude triste et mélancolique (le fabuleux Mad Clown), retenue, mais toujours sur le fil. Tout ici amène à l'introspection, à la contemplation de ses sentiments les plus tristes. Plus on écoute ce disque, plus il se révèle à nous, et plus nous nous retrouvons en lui; ainsi, sous une fausse apparence de simplicité, ce trésor brille de mille facettes à chaque fois que l'on creuse un peu plus...

Dans cet écrin musical magnifique et délicat, la voix se donne et se met à nu, toujours sobre et sans envolée inutile, brumeuse et douce. On pense parfois à ce que Dido aurait pu faire avec plus de réserve et de don de soi; chacun rapprochera sûrement ces deux voix, à ceci près que l'émotion froide et mélancolique dont il est ici question est une histoire et un témoignage à elle seule, une confession des douleurs et des conséquences d'amours perdues, de désillusions, de chutes pour mieux se relever. Il n'est pas ici question de dépression, mais plutôt, d'exposition des sentiments et du ressenti des relations, tels qu'une femme nous les adresse et nous les confie peu à peu. Superbe et distinguée, toujours en retrait et en respect (même lorsqu'elle se répond à elle-même dans Inside), elle conte ses histoires, crée les chansons par sa simple capacité à captiver et à être respectée, et entendue en silence.

La musique de 16pac est une réponse à ces silences et instants de solitude et de tristesse , ces moments durant lesquels tout semble perdu. Elle est intime, mélancolique, triste, mais jamais désespérée; au contraire, elle rayonne dans ces moments d'isolement, elle réconforte, nous berce, et nous fait parfois sourire (écoutez la reprise originale et surprenante de l'un des titres de l'album comme morceau caché...). Endless Work In Progress réussit à décrire et à comprendre certains sentiments que d'autres musiques ne font qu'effleurer; et l'on se sent de moins en moins seul à chaque écoute, on prend confiance, on verse quelques larmes (souvent...), et l'on respecte, en silence, et en admiration...

Slug




Sometimes it's hard to describe our feelings while listening to an album, as it is the case here, while talking about 16pac'sEndless Work In Progress; not because the listener is unable to express his feelings in order to consider this as a good or bad album, but simply because this particular one is striking and full of emotions, and doesn't leave him indifferent. On the contrary, after listening to this amazing album, one can't but think it's a magnificent collection of songs written and composed thanks to an original and personal style. And here is the main question about it: what style is this CD close to? Because of its diversity and multiplicity of colours and tunes (even if, most of the time, everything is grey here), what kind of music does theirs look like? Sometimes, one doesn't know where to begin...

In order to speak about this album and its style, one could say that it is a kind of mix between intimate folk and simple and melancholic pop music, but none of it can be heard more than the other. 16pac's music remains discreet, sweet, and sad, without being desperate.The guitar is sometimes the main instrument, bringing a regular basis to the songs (Ghost World, Getting Better), and sometimes lets other synthetics and close to British 80's sounds take their place (If We Are Free, The Alarm, Loneliness); but the music is always instrumentally simple and without any misplaced detail. Sometimes  close to Archive's first album (The Alarm), sometimes sounding like today's pop music, their songs are always sober and straight to the bone (Endless Break).The synths waves are never louder than the acoustic guitars and bring a complementarity to moving and slow vocals (Getting Better) or a soft and sadly captivating piano (Mad Clown, Endless Break).The music sounds poplike, but the result of the band's work and some risky moments come as an opposition to this feeling...

After hearing a captivating electronic music, an energetic and powerful electric guitar appears and shows another side of the music (If We Are Free); in such moments, one understands that this album is full of surprises and originality. Sometimes close to pure folk music (Steering Away), sometimes closer to post-rock (Mad Clown, Red Bull), everything is unrepetitive and true. And in such songs, one discovers sensitive and impressive changings, going from aerial and peaceful tunes to a kind of melancholic and sad moment (Mad Clown),as if one was always standing on the top of the cliff, and ready to jump. Everything here brings the listener to introspection and looking to his saddest feelings. The more we listen to this music, the more is becomes a revelation to us; so,at first sounding simple and pop, this musical treasure reveals its shining sides every time it is heard...

In such a magnificent and delicate music,the vocals stand naked and pure, sober and simple, foggy and sweet. Sometimes sounding like Dido's voice, but with a brighter and more mature shape, they remind us of that particular singer most of the time. But the cold and melancholic emotions brought by Emma's vocals are like a testimony and a confession of pain caused by lost loves, disillusions and falls. It is not singing about depression, but more talking about feelings resulting from relationships, and all this is said by a woman confiding in us, and sharing them. Wonderful and sweet, respectful and slow (even while talking to herself in Inside),the vocals are telling stories, and create wonderful songs only by captivating and forcing respect from the listener, and being heard in complete silence and devotion.

16pac's music is an answer to moments of silence, solitude and sadness, when everything seems to be depressive and lost. It is intimate, melancholic, sad, but never desperate; it shines in such moments of isolation, comforting and rocking us, and sometimes making us smile (listen to the surprising and original cover of one of the album's song as hidden track...). Endless Work In Progress describes and helps us understand feelings that other musics can only attempt to reach; one feels less alone while listening to it and finds  comfort, and (often...) cries; and this music has to be respected and  admired, in silence...

Slug
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Vendredi 22 décembre 2006 5 22 /12 /2006 21:04



Tracklisting: 1. Wrong 2. Watch TV 3. Calico 4. I Shot You Down 5. Boys Keep Their Heart


La limite musicale entre pop et folk est parfois très difficile à établir; soit par l'utilisation de la voix et de la structure des morceaux pour l'une, soit par celle des guitares pour l'autre. De nombreux artistes ont alors compris que ces deux styles avaient comme capacité de s'entremêler et de se réunir, afin de composer des chansons à la fois simples d'accès pour chacun et plus subtiles dans leurs arrangements pour d'autres. En effet, il est le plus souvent compliqué de créer ce type de chansons, tant la frontière entre simplicité et alourdissement du son est compliquée à ne pas franchir; ce qui semble facile au premier abord est ce qui devient ardu au final, et beaucoup ont échoué dans ce périlleux exercice. Mais ce n'est pas le cas pour ce superbe EP de The Clyde, qui est à lui seul une petite perle de folk-pop belle est subtile.

Tout ici est fait pour faire voyager l'auditeur dans un paysage beau et envoûtant; la musique, tout d'abord, est efficace et magnifiquement composée et arrangée, de manière à nous faire entrer dans l'univers du groupe en totale et immédiate immersion. De l'entrée de la voix aux toutes premières notes de Wrong jusqu'à des guitares acoustiques rythmiquement irréprochables, tout est là pour créer un style propre au groupe. Les batteries elles-mêmes, se mariant parfaitement avec le reste de l'instrumentation, sans chercher à surcharger l'ensemble (Calico), donnent une pulsation discrète et suffisante, efficace et tout en subtilité. Aucun instrument ne supplante l'autre, et la conjugaison de l'ensemble reste sobre, douce et claire. Car c'est bel et bien ce sentiment de clarté, de flux tout en douceur, de voyage, qui domine l'écoute de Wrong; il suffit de se laisser porter par le courant musical, et de pouvoir ainsi y découvrir tous ces éléments qui font de ces chansons des pièces si particulières.

Car sous ses airs de simplicité musicale, cet EP recèle des perles d'arrangements et d'instrumentations. Des sons de cordes délicats et subtils (Watch TV, I Shot You Down) aux guitares électro-acoustiques et slide (Calico), on voyage ici dans beaucoup plus qu'une simple démonstration de pop-folk. Il faut écouter et entendre ces trouvailles sonores magnifiques et discrètes, car ayant la capacité de se marier parfaitement avec l'instrumentation principale. Un réel travail a été donné et créé, aussi bien au niveau du mixage sonore que de l'utilisation des instruments supplémentaires précités. On oscille alors aux confins de plusieurs styles différents, nous arrêtant juste à la limite qu'il ne faut pas franchir pour évoluer musicalement vers un autre univers; parfois country (Calico, I Shot You Down), parfois pop électronique (Boys Keep Their Heart et sa mélodie au synthétiseur). Mais les éléments musicaux dominants (guitares, voix, cordes) nous permettent toujours de savoir que l'on se trouve dans le même univers musical que The Clyde parvient à créer. Le groupe trouve ainsi sa propre identité, et celà se découvre encore plus dans l'impressionnant travail vocal qui nous est donné.

Car la voix de Ian n'a pas de comparaison possible; elle est à la fois douce, proche des aigus, et sensuellement mélancolique. Au premier abord, c'est une voix proche de celle de Lene Marlin que l'on entend, de même que dans les harmonies vocales utilisées (passages à deux voix), et le groupe se rapproche alors de cette pop suédoise si belle et envoûtante (on pense également à l'excellent groupe Kent, dans une version plus calme). Les mélodies sont superbes, en rythme adéquat, et magnifiquement créées. Cette voix surprend au premier abord, tant elle semble originale et indescriptible (qui ne se poserait pas la question d'en connaître l'origine?), mais s'impose comme une véritable langue, particulière et originale. Elle vous entoure et vous resserre, vous captive et vous prend le coeur, vous fait écarquiller les yeux, tant sa beauté est fascinante. Ainsi, les choeurs qui la doublent parfois la confortent et la consolident, lui donnant une valeur émotionnelle encore plus grande et hypnotique. Elle est un verbe, au sens le plus noble du terme, et force le respect. Sans jamais s'envoler vers des cimes musicales, sans emphase, elle reste simple, douce, et paisible, comme l'est la musique. Mais on ne peut qu'être sensible, et profondément ému par un tel talent.

Wrong est une merveille, pour tous les auditeurs et musiciens à la recherche d'un repos et d'une pureté de l'âme. Car c'est bien en celà que The Clyde réussit son pari haut-la-main: créer des chansons aussi belles qu'émouvantes, complexes et subtiles, sensibles et profondes. Passer à côté d'une telle révélation pop-folk (mot réducteur, tant la musique est bien plus que celà) serait négliger un groupe doué d'un immense talent de création et de composition, des magiciens de la mélodie et de l'émotion...

Slug




The musical limit between pop and folk is sometimes very difficult to make out; either by the use of the voice and the structure of the pieces for one, or by that of the guitars for the other. Many artists then have understood that these two styles had a capacity to intermingle and to meet, in order to compose,at the same time, a simple music for each one and more subtle songs in their arrangements for others. Indeed, it is generally complicated to create this type of songs, since the limit between the simplicity and heaviness of the sound is difficult not to be crossed; what seems easy at first is what becomes difficult in the end, and many have failed in this perilous exercise. But it is not the case for this superb EP of The Clyde, which is a beautiful and subtle pearl of folk-pop music.

Everything here is done to make the listener travel in a beautiful and hypnotizing landscape ;the music, first of all, is effective and magnificently composed and arranged, so as to let us get into the band's universe,in a total and immediate immersion. From the vocals in the very first notes of Wrong to the rhythmically irreproachable acoustic guitars , everything is there to create a style suitable for the band.The drums themselves, marrying perfectly with the remainder of the instrumentation, without seeking to overload the unit (Calico), give a discrete, sufficient and effective pulsation and all this with subtlety. No instrument supplants the other, and the conjugation of the unit remains sober, soft and clear. Because it is indeed this feeling of purity, flowing and travelling which dominates when listening to Wrong; it is sufficient to be carried by the musical current, and be able to discover all these elements which make these songs so particular.

In fact, under its appearance of musical simplicity, this EP conceals pearls of arrangements and instrumentations. From the delicate and subtle strings (Watch TV, I Shot You Down) to the electroacoustic guitars and slide (Calico), one travels here in much more than one simple pop exhibition. It is necessary to listen to and hear these splendid and discrete sounds which have the capacity to marry perfectly with the main instrumentation. Genuine work was performed and created, as well on the level of the sound mixing as of the use of the above mentioned additional instruments. One oscillates then on the borders of several different styles, just stopping at extremes which should not be trespassed and then musically evolving to another universe; sometimes country (Calico, I Shot You Down), sometimes pop electronics (Servant boys Keep Their Heart and its melody with the synthetizer). But the main musical elements (guitars, voice, cords) always enable us to know that one is in the same musical universe that The Clyde manages to create. The band thus finds its own identity , and this can be discovered even more in the impressive vocal work which is given to us.

Because Ian's vocals cannot be possibly compared; it is at the same time soft, almost acute, and sensually melancholic.At first , it is a voice close to that of Lene Marlin that one can hear, just as in the vocal harmonies used (moments with two voices), and the band approaches then this so beautiful and hypnotizing Swedish pop (one also thinks of the excellent band Kent, in a softer version).The melodies are superb, in adequate rhythm, and magnificiently created. This voice surprises us first, and seems so original and indescribable (who would not raise the question to know the origin of it?), but imposes itself like a true, particular and original language. It surrounds you and keeps you tight , captivates and makes you open your eyes wide, and such beauty is really attractive. Thus,the choruses which sometimes double it consolidate it, giving an even larger, hypnotic and emotional value. It is a Verb, in the noblest meaning of the term, and it forces respect. Without ever flying away towards musical summits, without emphasis, it remains simple, soft, and peaceful, like the essence the music. But one can only be sensitive, and deeply moved by such a talent.

Wrong is a wonder for all listeners and musicians in search of a rest and a purity of the heart. The Clyde makes a real success out of this music : they create songs as beautiful as moving, complex and subtle, significant and of major quality. Passing beside such a pop-folk revelation (a minimizing word, since that music is much more than that) would be neglecting a band gifted with an immense talent of creation and composition, like magicians of melody and emotion…


Slug
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Dimanche 24 décembre 2006 7 24 /12 /2006 12:51



Tracklisting: 1. Shoot The Star 2. They 3. Wish 4. Signs On The Wall 5. Lost 6. Nothing


Lorsque Oasis a sorti Definitely Maybe il y a plus d'une dizaine d'années, quoi qu'on en dise, une petite révolution sonore a eu lieu; et même si le groupe a eu tendance à se répéter au fil des ans et des disques, on ne peut pas dire qu'ils n'ont pas grandement contribué à donner un nouveau souffle au rock, en lui rendant puissance, mélodie (grâce surtout à Noel Gallagher, merci pour lui...) et sens. Le power rock venait de renaître, de retrouver ses couplets et refrains entêtants, ses riffs mélodiques et pop. Depuis, beaucoup ont essayé de suivre la voie, et s'y sont brisés les ailes; le groupe a servi la même sauce au fil des albums et s'est essoufflé, malheureusement... Et l'on cherche encore ce qui pourrait rendre à ce style un sens perdu et dénaturé. Et à l'écoute de cet EP des Polonais de Kofeina, on se dit que l'on a peut-être bien trouvé ce qui manquait, et ce qu'Oasis aurait dû faire pour se diversifier sans devenir les has-been qu'ils sont devenus contre leur gré...

En écoutant le premier titre de Shoot The Star, le rapprochement est plus que flagrant: riff de guitare électrique mélodique et accrocheur, refrain entêtant fait de choeurs aigus et entremêlés. Mais au-delà de l'efficacité de cette première chanson, l'originalité et la qualité de ce groupe résident dans cette manière qu'ils ont d'intéresser et d'inviter l'auditeur à les découvrir des les premiers accords. On a envie d'en entendre davantage, de savoir si le groupe va définir un style propre et personnel. Et c'est exactement ce qui se déroule. Au fil des 6 titres de cet EP, c'est un voyage à travers les dernières années du rock auquel nous sommes invités: on pense à Coldplay (They), parfois à U2 (Wish) ou à Cure (Lost). Mais on y entend également un rock pur et dur, fait de riffs splendides et captivants, d'alternances entre passages de guitares claires puis saturées (Signs On The Wall), le tout servi par un son d'une étonnante qualité. Et entendre de telles sonorités fait un bien intense et profond: tout est donné ici sans se répéter, le groupe s'approprie le style pour le resservir de sa propre manière, avec talent et, sans exagération aucune, un grand génie. Au fil des écoutes, on comprend que l'on tient là un grand disque de rock, arrangé et subtil, captivant et transcendant.

Tous les instruments se déposent à la place qui leur est donnée et nécessaire, sans fioriture, et en complète harmonie. Tout est entraînant et motivant, poignant et accrocheur; il s'agit ici de vivre, de partager ce que le groupe a appris de ses prédécesseurs. Les guitares sont puissantes puis plus douces, sans être saturées et sombrer dans un son trop metal et décalé; le style est respecté à la lettre, assimilé et grandement donné. Les harmonies guitaristiques et vocales se marient à la perfection (Nothing, très proche de la musique de The Mission), les solos trouvent la place qui leur est allouée, sans être longs et ennuyeux, ni nuire à la qualité sonore de l'ensemble. Alors on se laisse porter, on écoute ce disque encore et encore, et l'on pense à ce que celui-ci contient d'original et de si captivant.

Et c'est dans la voix que l'on trouve une réponse à la question posée; la sensation principale étant que, pour chaque chanson, elle adopte une sonorité différente, tant et si bien que l'on finit par supposer qu'il y a eu différents chanteurs selon les titres, aussi surprenant que celà puisse paraître au premier abord. Mais soit la voix se fait puissante (Shoot The Star), soit s'apaise et se confie (Wish, Lost), soit excelle dans un mélange d'énergie et de retenue (They). Les prouesses vocales impressionnent par leur maîtrise et la manière dont elles se marient parfaitement aux musiques, sans les dénaturer. Piotr se donne avec dévouement et présence, et laisse admiratif. On pense tantôt à Bono (Wish), tantôt à Wayne Hussey (Nothing), dans des consonnances vocales très proches des artistes précités. Et lorsque les choeurs viennent agrémenter cette déjà surprenante voix, dans la plupart des titres (notamment l'apothéose finale de Lost), ce n'est que pour renforcer et mettre en valeur ce language artistique si impressionnant.

Il suffit alors de se laisser porter, de s'imaginer le groupe dans les hautes sphères du rock, lui redonnant vigueur et goût. Plus que de rendre hommage au style lui-même, Kofeina se le réapproprie et lui redonne un second souffle, lui apporte ce qui manquait, à savoir un aspect direct et accrocheur, jouissif et immédiat. Alors le disque tourne, encore et encore, sans arrêt, tellement il est bon d'entendre ce son qui nous paraissait à jamais perdu; chacun trouve cette énergie qui manquait tant, cette rigueur et cette droiture dans des sons à la fois familiers et novateurs. On se surprend à vouloir redécouvrir le rock dans sa simplicité et son urgence, admirant les alternances entre foudroiement et subtilité, désarroi et colère inhérente et sous-jacente. Chaque chanson évolue vers ses propres chemins, tout en retenue et en explosions sonores. Et on s'accroche à ce que l'on découvre, on en veut encore et toujours plus...

Kofeina signe ici un hommage au rock, mais plus que celà, lui donne une nouvelle direction musicale et sonore. Il s'agit d'exploser au visage du monde musical, et de retrouver cette dimension à partager. L'avenir du groupe, si celui-ci est entendu et compris, est sans appel: beaucoup les suivront et les remercieront de donner tant, musicalement, artistiquement, et humainement. Ils sont à suivre et à découvrir, et on ne peut que vouloir leur permettre de trouver la reconnaissance qu'ils méritent, et les aider dans cette douloureuse et difficile démarche...

Slug




When Oasis composed Definitely Maybe, more than ten years ago, no matter what one may think, a musical revolution happened; and even if the group tended to repeat itself with the passing years, one cannot but say that they largely did contribute to giving rock a new breath, while bringing power and melody to it (thanks especially to Noel Gallagher, thank you to him…) and feelings. Power rock had just reappeared, to find its verses and entertaining choruses, riffs melody and pop style. Since then, many musicians have tried to follow that way, and have broken their wings doing so; the band made the same music for the wire of their albums and were blown, unfortunately… And one still seeks what could bring back to that style a lost and changed direction . And while listening to that this EP of Polish band Kofeina, one thinks that what was missing in music is back, and what Oasis should have done to diversify without becoming the has-been that they became against their will…

While listening to Shoot The Star's first title, the comparison between these two bands is more than obvious:the riffs of the electric guitar are entertaining and efficient, as well as the acute and intermingled choruses. But beyond the effectiveness of this first song, the originality and the quality of this band can be heard in the way they are able to captivate and invite the listener to discover their style immediately. One wants to hear s more, in order to know if the band will define a new and personal style. And it is exactly what is done. With the wire of the 6 titles of this EP, it is a journey through the last decades of rock to which we are invited: one thinks of Coldplay (They), sometimes U2 (Wish) or Cure (Lost). But one also hears a pure and hard rock there, splendid and captivating thanks to efficient riffs, alternating between saturated and clear guitar tunes (Signs One The Wall) and thanks to a sound of astonishing quality. And to hear such sounds is intensively and deeply good: everything is given here without repetition, and the band possesses the style to give back in its own way, with talent and without exaggeration, a great genius.When Listening to it more and more, one understands this is an amazing, well-arranged, subtle, captivating and transcendent rock album.

All the instruments are set in their own and necessary place, without useless ornament, and in complete harmony. Everything is hypnotizing and motivating, moving and captivating; it is a matter of life, and an exhibition of what the band learned from its predecessors.The guitars are powerful then softer, without being saturated and sounding too hard and useless; the style is completely respected , assimilated and largely shared. The guitaristic and vocal harmonies marry to perfection (Nothing, very near to The Mission's music),the solos find the place they have to fill in , without lasting long and being boring, or harming the sound quality of the album. Then one lets oneself be carried, and listens to this album more and more, thinking that it contains original and captivating music.

And an answer to the question of the band's originality can be found in the vocals; the main feeling is that they have a different sonority in each song, so that one ends up supposing that there were various singers for each track, although it may seem surprising at first . But either the vocals are powerful (Shot The Star), or calm down and entrust (Wish, Lost), and find their real value in a mixture of energy and safety (They).The vocals impress us thanks to the way they are laid down on the songs in which they perfectly fit in the music, without denaturing it. Piotr's voice is full of devotion and presence, and is really amazing. One sometimes thinks of Bono (Wish), Wayne Hussey (Nothing), and the vocal performance remains very close to the above mentioned artists. And when the choruses come to reinforce these already surprising vocals, in most of the songs ( final apotheosis of Lost), it is to only reinforce and emphasize this artistic and so impressive language.

So, music carries the listener, and the band finds its place in the highest realms of rock, bringing strength and taste back to it. More than a testimony to the style itself, Kofeina reappropiates and gives a second breath to it, bringing back to it what was missing, i.e power, strength, and immediate pleasure. Then the album can be heard, more and more, without stopping, with such pleasure to hear what seemed to be forever lost; everyone finds this energy which was missed so much, rigour and uprightness, as well as new sounds. One surprises oneself in a need to rediscover rock music in its simplicity and urgency, admiring alternations between blasting sounds and subtlety, distress, and inherent and subjacent anger. Each song evolves in its own ways, first slow, then exploding. And they are there so that one discovers and wants always more…

Kofeina composed a perfect testimony to rock music here, but more than this, a new musical sound and style. It is a question of exploding to the face of the musical world, and finding a new dimension for it. The future of the band, if this one is heard and understood, is for us doubtless: many people will follow and thank them for giving so much, musically, artistically, and humanly. They are to be followed and discovered, and one can only want to enable them to find the interest of the audience which they deserve, and help them in this painful and difficult journey…

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Par Slug - Publié dans : pastallconcerns
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Lundi 25 décembre 2006 1 25 /12 /2006 21:04



Tracklisting: 1. Artbook With Explosions 2. Copy Book Parade 3. Gizmo Bristles 4. Honey Wasp 5. New Was Blue Print 6. There Is A Big Door 7. Yeah It's Alright

On a tout d'abord le sentiment, en écoutant cet album de Cagey House, de voyager dans une musique issue d'un jeu vidéo inspiré par de nombreuses histoires et péripéties. En effet, dans le cas présent, on découvre tout d'abord une musique électronique minimaliste, sans arrangement ni son élaboré, comme si l'artiste avait voulu recréer et redécouvrir l'essence même de l'électronique, ses sons les plus secs et incisifs, et ainsi redonner vie à des instruments et sonorités depuis longtemps abandonnés et oubliés dans l'univers musical actuel. Il ne s'agit pas ici d'arranger, de rajouter des éléments pouvant saturer l'ensemble, même si celui-ci, de par un son bien particulier et propre, l'est déjà beaucoup. La musique électronique, à l'instar de Kraftwerk à son époque, est là pour montrer son côté le plus artificiel et surnaturel, sans pour autant être superficielle.

En effet, l'ensemble de l'album semble au premier abord abrupt et souffrant d'une saturation assez intense, de par l'utilisation d'une guitare aiguë et incisive (Artbook With Explosions, Gizmo Bristles) et des rythmes synthétiques simples et répétitifs, sans être ennuyeux. En effet, ce qu'arrive à produire Cagey House tout au long de cet EP est assez admirable: composer de courtes pièces sans cesse renouvelées, bien qu'apparemment liées par cette perpétuelle idée de simplicité. Il s'agit d'être direct, de ne pas traîner en longueur, et de donner vite, et immédiatement. Ainsi, celà permet de trouver des arrangements beaucoup plus beaux et novateurs que ce que l'on aurait pu tout d'abord imaginer. Que l'on plonge dans une atmosphère psychédélique (Honey Wasp) ou plus electro-pop (New Was Blue Print), on découvre des instruments faisant de chaque morceau un objet musical original et mystérieux: que ce soit un piano accompagné d'une simple guitare wah-wah, sur un rythme des plus dépouillés (New Was Blue Print), un orgue déchaîné et saturé lui aussi (Copy Book Parade), ou des sonorités tout en douceur et presque organiques (There Is A Big Door), on entre dans un monde certes artificiel et débarrassé en apparence de toute présence humaine, mais dans lequel se dissimule une inspiration sensible omniprésente; L'homme, en tant que créateur, se cache derrière la froideur de la machine. On sent parfois l'envie de recréer les expérimentations musicales propres aux musiques particulières de la fin des années 60, lorsque Pink Floyd ouvrait de nouveaux horizons grâce à des albums comme A Saucerful Of Secrets, dont Drawing Monsters, malgré sa brièveté et son urgence, se rapproche.

Plus que de donner quelques pièces très courtes, il est ici question de créer des ambiances assez diverses. On ressent tout d'abord une fascination liée à une interrogation; quel est le sens de cette musique qui, sans sombrer dans l'easy-listening, fonctionne comme une exposition de pièces dénuées d'âme? Alors, pour peu que l'on soit un minimum curieux (car ce disque, à l'instar de la musique de Malthruyst, risque d'en faire reculer plus d'un), on cherche le détail, le son, l'arrangement qui fera de chaque pièce un morceau unique. C'est un disque qui fait naître questions, surprises, et qui ne peut laisser indifférent. Chaque musique est une exploration sonore, une recherche de densité, et un retour à des sources synthétiques jusqu'alors oubliées, car considérées comme démodées, ou inutiles. C'est là que Cagey House parvient à atteindre son objectif, en rendant ses lettres de noblesse à un style qui, à son époque, était à l'origine de toutes les musiques électroniques actuelles; afin de ne pas oublier qu'avant que la technologie n'assouvisse que de simples besoins de danses vides de sens et destinées à un public donc l'objectif premier est de se livrer à des mouvements saccadés sur des sons plus proches de bruits que d'autre chose, il y avait une source de création, d'exploration, et de recherche dans l'artificiel.

Drawing Monsters est un disque particulier, mais tellement sincère; il est simple, sublime par moments, et transmet un savoir-faire et une culture musicale comme celà a peu été fait auparavant. C'est également un disque risqué; mais pour peu que l'on prenne le temps de s'y installer et d'accepter l'invitation de Cagey House dans ces univers robotiques et pourtant humains, les instants à vivre et partager demeurent exceptionnels, et magnifiques...

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While listening to Cagey House album,one first feels like travelling in a music from a video game, inspired by many stories and adventures. Indeed, in this case, one discovers a minimalist electronic music first, without elaborated arrangement; as if the artist wanted to recreate and rediscover the essence of electronics, dry and incisive sounds, and thus to bring them back to life with instruments and tunes which had been abandoned and forgotten in the current musical universe for a long time. It is not a question of arranging, or adding elements which could saturate the unit, even if this disc, thanks to quite a particular and clean sound, is already a gem. Electronic music, as for Kraftwerk in their time, is there to show its most artificial and supernatural aspect, without concession.

Indeed, the whole album seems to vehicle an abrupt and suffering access of rather intense saturation, from the use of an acute and incisive guitar (Artbook With Explosions, Gizmo Bristles) and synthetics, simple and repetitive but not tedious rhythms. Indeed, what Cagey House manages to produce throughout this EP is rather admirable: composing short unceasingly renewed parts, although apparently bound by this perpetual idea of simplicity. It is a matter of being direct, not trailing in length, but giving quickly, and immediately. Thus, the listener can find much more beautiful and elaborated arrangements than what one could first imagine. The music plunges us in a psychedelic atmosphere (Honey Wasp) or magnetic pop (New Was Blue Print), one discovers instruments making an original and mysterious musical object of each music: thanks to a piano accompanied by a simple wah-wah guitar, totally dry rhythm (New Was Blue Print), and also a hysterical and saturated organ (Copy Book Parade), or careful and almost organical sounds (There Is A Big Door); one enters a certainly artificial world, which seems to have been removed from any human presence, but in which an omnipresent and significant inspiration is hidden. Man, as a creator, hides behind the coldness of the machine. One sometimes feels the desire for recreating the musical experiments which could be heard at the end of the Sixties, when Pink Floyd opened new horizons thanks to albums like A Saucerful Of Secrets, which Drawing Monsters, in spite of its brevity and its urgency, approaches.

More than only giving very short parts, the question is raised of creating rather various environments. First of all, one feels fascination and interrogation; which direction will this music take, without sinking into the easy-listening style, and become an exposure of parts stripped of heart? Then, for people who are a little curious (because this disc, as Malthruyst's experimental music, won't delight everyone), one seeks details, sounds, and arrangements which will make an original and innovative source of each song. This album brings many questions, surprises, and cannot let the listener indifferent. Each music is an exploration of the sound itself, a search for density, and a return to synthetic sources which had been forgotten, because they were considered as obsolete, or useless. Then, Cagey House manages to achieve its goal, while giving notoriety back to a style which, in its time, was the origin of all current electronic musics; in order not to forget that, before technology was thus used only to create simple needs for meaningless dances brought to a decerebrated audience, the first aim was to devote itself to movements jerked on sounds closer to noises; there was a source of creation, exploration, and research in artificial landscapes, and intelligent sounds and waves.

Drawing Monsters is a particular, but sincere album; it is simple, most of the time sublime, and transmits a musical culture as what was made before electro became so rough and useless. It is also a risky EP; but if one takes time to settle and accept the invitation of Cagey House in these robot-like and yet human universes,living and amazing moments will remain exceptional, and splendid…

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