Concours

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Vendredi 10 août 2007 5 10 08 2007 17:35




Enfin, un rock d'une puissance et d'une portée phénoménales; les oreilles souffrent dès les premiers accords de ces 4 titres des Français d'Eko Animo. On comprend d'entrée que le terrain musical ici présenté sera miné, douloureux, violemment excitant et puissamment agité. Les guitares sont sales, acerbes, et pénètrent la peau tels des dards acérés, des aiguilles chauffées à blanc qui nous font mal afin de cauthériser une plaie toujours ouverte, et ce, depuis des années; celle du rock à la Sonic Youth et Gang Of Four qui nous avait tant manqué, et n'avait pu trouver de véritable successeur. Et l'on entre d'emblée dans cette énergie frénétique, tant elle est prenante. Quelques boucles electro renforcent la puissance de l'ensemble, dans les rythmes et les bruitages nécessaires à la création d'un monde apocalyptique en quête de lumière, de rédemption, d'air. La fumée se dissipe au fur et à mesure de la course effrénée que la musique d'Eko Animo nous assène. Et c'est bon! Les riffs, aussi bien rock que parfois new wave, mais toujours avec cette pointe de gris et de poussière qui charme autant qu'il blesse, sont directs, à vif, porches du son sale de Neil Young et Crazy Horse sur le magnifique live Weld. PAs de fioritures, une musique rentre-dedans, saturée jusqu'à la suffocation. Et dans un tel univers, une lumière: la voix, toujours subtile, délicate; on pense à Patti Smith, aux Cocteau Twins, mais surtout à Senser, que l'on attend pour bientôt avec un nouvel album (ça démange...). Tel le monument Adrenalin de cet excellent groupe, chaque chanson d'Eko Animo fait bouger, remuer, ne permet aucun répit et conserve le désir de rester perpétuellement en mouvement; tant d'énergie, meilleure et plus efficace que n'importe quel excitant chimique, opère, s'enfonce, dévore, et met chaque sens en éveil. La fureur sonique délicatement saupoudrée d'une douceur vocale qui s'envole en plusieurs instants s'impose à l'âme. Cerise au sommet de ce gâteau à la saveur aussi acide que délicate, la reprise de When Doves Cry de Prince résume à elle seule l'énorme potentiel du duo: férocité, implosion, explosion, et douceur dans certains moments. Impossible de s'ennuyer une seule seconde, tant cet EP est remarquable, si bon et fort à écouter; exulter, sans limite, sans fin... On rêve d'une affiche regroupant deux duos d'exceptions aux univers aussi originaux que proches: Girls Under Pressure et Eko Animo... L'idée est lancée, mais aucun doute que la sueur va couler par litres entiers...

Slug


At last, one can discover a powerful and phenomenal rock music here: from the first tunes of these fours tracks offered by French band Eko Animo, our ears suffer and ask for more. From the very beginning, one can understand that this musical land is hiding explosives, pain, violence, excitation and neverending body movements. Guitars sound dirty and acid, and run through one's skin as poisoned stings or hot pieces of metal on open wounds, which can only be curing a lack of heavy and strong music one has not heard for long years; close to Sonic Youth and Gang Of Four, the band perfectly testifies for these monuments of rock music. Then, one is immediatly captivated by frenetic energy and noisy sounds. A few electro loops reinforce the musical power of all songs, rhythms and noises are here to create an apocalyptic world in search of light, redemption, and oxygen. Muddy smokes disappear little by little and make the band's energy appear in front of one's eyes; and it's so good to hear this powerful music! Rock and sometimes new wave riffs, sometimes grey, dirty and muddy, are straight to the bone and close to dirty guitar sounds which can be heard in the magnificent live album Weld from Neil Young and Crazy Horse. But in such a violent world, a ray of light takes its place; and it is contained in subtle and delicate vocals. Sometimes reminding the listener of Patti Smith, sometimes of the Cocteau Twins but most of the time, Senser (by the way, a new album will soon be out, and I can't wait for it!...), vocals find their own and uncomparable place. As for the song Adrenalin from this latest band, each Eko Animo song is an invitation to move, get excited, and doesn't allow us to rest in any way; such an energyis better and more motivating than any chemical cofeine pill or drink, and goes through one's skin, devour all bodies and flesh, and awakes the beast within. Sonic wrath and delicate vocals penetrate one's soul and flies to the deepest and angriest emotions. And as a perfect standing for the band's talent, a surprising cover of Prince's When Doves Cry testifies for the whole band's talent and gift; they are ferocious, implosive, explosive, and sometimes delicate and sweet. This remarkabel EP never allows us to rest at any time, and is a wonderful piece of music which has to be listened and shared, lived and flavoured again and again... I personaly dream of a concert where two different but complementary bands would meet and play their energic and original music: Girls Under Pressure and Eko Animo... No doubt everybody will drown in sweat and tears...

Slug
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Vendredi 10 août 2007 5 10 08 2007 15:50



Il y a quelques mois maintenant, cet EP des Français d'Alasèv s'est copieusement fait détruire dans les pages d'un webzine bien connu des amateurs de musique indépendante; or, en écoutant ce même disque de nombreuses fois, on se demande ce qui est passé par la tête du critique de cette même page (avis partagé par de nombreuses personnes ayant apprécié l'album à sa juste valeur, d'ailleurs), tant ce disque est riche de découvertes, d'émotions et de subtilités musicales. Ce qui frappe avant tout chose, c'est la diversité et la complexité des chansons à consonnance rock d'Alasèv; loin de se contenter du simple format coupet-refrain, chaque composition va plus loin, se retient, explose, explore, et cherche à aller plus loin encore que la précédente. Au fil d'influences hispaniques et de consonnances presque post-rock, on tient là un sublime écrin musical dans lequel guitares, batteries et basses s'entrechoquent, se cherchent, se parlent. A la manière de l'excellent groupe américain The Tea Party sur l'album The Edges Of Twilight, les musiciens d'Alasèv témoignent d'un profond respect pour leurs instruments et pour les influences quasi-orientales qu'ils intègrent dans les compositions. Sans surcharge ou éxagération, la musique file, implose, puis devient délicate avant de nous replonger dans un tonnerre maîtrisé de sons saturés et de cordes suturées. Au milieu de ces déferlantes rock du plus bel effet, la voix de Mika, dans son aspect à la fois embrumé, mélodieux et faussement doucereux, se fait cri, arabesque vocale subtile et superbe. Elle fouille les tréfonds de la musique, s'y intègre sans aucun artifice, et se marie à un contexte pourtant difficile; exercice de style aussi bien qu'émotion latente et superbe, l'intégration des parties vocales est plus proche de l'effleurement que de l'effraction, alors que l'ensemble devient sensiblement et artistiquement maîtrisé, et s'épanouit à chaque écoute. Lors d'un duo superbe et d'un échange entre voix masculine et féminine, le dialogue se prolonge, se retrouve, se partage, et se donne à vivre; aussi surprenant qu'intelligent, ce passage devient à lui seul une réelle démonstration du talent musical d'Alasèv; chercher encore plus loin, plus fort, et donner, saigner, se vider, dans un rock mélancolique impressionnant et innovant. Certains se sont dits désenvoûtés par ce disque; peut-être faudrait-il tendre une oreille plus attentive, afin de découvrir chaque subtilité d'une oeuvre dont le point de départ promet beaucoup, et que l'on suivra les yeux fermés; il reste, à n'en pas douter, encore beaucoup à découvrir venant d'Alasèv, mais nous serons là, c'est une certitude...

Slug


A few months ago, this album from French band Alasèv has been terrifically reviewed in a well-known independent webzine; but, while listening to it again and again, the question is, what went through the reviewer's mind while writing those horrible words (and lots of listeners who took the time to listen to the album still wonder what has happened then...), as this EP is so full of musical discoveries, emotions, and subtilities. While listening to these songs for the first time, one is absolutely struck by the diversity and complexity of the rock songs Alasèv are performing; far from only playing formated rock songs, the band needs more and more, and each song is full of restraintance, explosion, experiments, and needs to go further from the last one, again and again. Thanks to Spanish-like and almost post-rock influences, their music allows guitars, drums and bass to find a self language and communicate, and share. As for US band The Tea Party in their excellent album called The Edges Of Twilight, Alasèv testify for a deep and amazing respect for their own instruments and oriental influences which can be heard in a few songs. Without overdubbing the entire album, music takes a sweet and soft way, then implodes and then turns to a delicate sound before exploding again into overdrived tunes and waves. In such a powerful musical atmosphere, Mika's foggy, tuned and soft vocals become a fascinating shout and arabesque running through the music. They explore each musical ambience and find their own place into it, even if this tour-de-force first appears to be really hard to succeed in; as hard as a musical exercise, though as emotional and amazing, vocals sound better laid on music than overwhelming it, and then help in creating a completely sensitive and artistically perfect musical universe which find a new meaning and value in each listening. And while hearing a male-female vocal duet in the middle of this EP, a perfect dialogue appears to be created and shared; as surprising as intelligent, this particular moment is a perfect example of the band's talent. Music has to be explored further and further again, and musicians have to give more and more, bleed on instruments, and explode through this impressive and new melancholy rock music. One once felt uncaptivated by this album; but one was certainly wrong and should give it deep and intelligent attention, in order to discover each subtle moment contained in Alasèv's music; this is only the beginning, and wherever the band is about to go after such a masterpiece, we'll be here, as there is still a lot to discover thanks to this amazing band, without doubt...

Slug
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Dimanche 5 août 2007 7 05 08 2007 11:12


Elle nous apparaît fragile et sensible, au fil de chanson à fleur de peau, belles et sublimes. Elle vient d'un lieu musical peu fréquenté, car si proche de la tristesse et de la mélancolie que beaucoup s'y sont déjà brûlé les ailes. Elle en a fait son lieu de villégiature, sans se soucier de cette profonde émotion que sa voix et ses mélodies susciteraient chez l'auditeur épris d'émotions fortes et sensibles qu'elle insuffle en lui, ou elle. Elle est là, seule, et joue, chante, faisant fi de ce qui pourrait lui être reproché. Elle est directe, grande en restant aussi discrète que sa vie le lui permet. Elle est innocence, enfance, douleur, mélancolie, désir, amour, pureté, simplicité. Peu de gens la connaissent, la côtoient; elle est solitude et délicatesse. Et au fil de trois somptueux albums entièrement autoproduits (Signals, Colors Will Change et ...Got The Love!), elle révèle une musique directe et sans arrangements éxagérés, simple et dépouillée. Tantôt un piano vient bercer la quiétude de sa voix si cristalline et sensible, tendue mais si chaude et confortable; tantôt des arrangements plus électroniques se laissent entendre au loin, mais rien ne semble devoir altérer la sensibilité vocale qu'elle nous donne à entendre. On est ici en totale confidence, en confiance. Loin de tous les bruits du quotidien, lorsque chacun est à la recherche de douceur et de calme, elle est là, et offre un refuge pour nos corps transis et douloureux. Elle est un exutoire à nos quotidiens si exténuants et parfois pénibles; et une telle pureté réconforte et rassure. Chaque mélodie et sincère et honnête, à fleur de peau, directe et pénétrante. Ce minimalisme musical qu'elle nous donne à entendre est indescriptible, tant il semble profond et caressant; la musique est ici un souffle délicat et rassurant. Et, chose impressionnante et sublime, chaque chanson semble devoir être une partie du corps de l'artiste: ces pièces musicales sont des âmes fantômatiques ayant pris corps et se révélant à nous, de même que la blancheur spirituelle de Cirque s'insinue dans nos esprits. Dans un calme et une douceur sensibles et délicats, ces mêmes pièces musicales deviennent autant de petits psaumes, chants d'honneur d'un lieu possédé par l'artiste, d'un endroit où il fait bon se perdre. Entre immédiateté, mélancolie et sourire (à l'image du visage apaisé ornant la couverture de Signals), Cirque se révèle, se donne. Sa voix émeut, le dépouillement de sa musique enlace nos coeurs (même celui des plus retors, vous êtes prévenus...); elle prouve ainsi que, sans aucun autre instrument que sa propre voix, la musicalité est une image de l'âme, et ne cherche pas d'artifices. Cirque est une artiste de la beauté, du partage et des larmes; de joie, de sensualité, d'émotion... Et malgré l'écoute de nombreux autres artistes depuis que j'ai eu cet honneur de la découvrir, impossible de me remettre de cette délicatesse musicale qui devra être conservée précieusement dans un écrin musical à part; en lui souhaitant tellement, peut-être en collaborant avec d'autres artistes, ou en demeurant seule, mais sans jamais se fermer; merci, Cirque...

Slug

She first appears to be sensitive and fragile, thanks to straight-to-the-bone wonderful and sublime songs. She comes from an unknown musical world, while she's so close to sadness and melancholy, styles in which many others failed before her. But these emotions are her own, and she certainly couldn't suppose what one would deeply feel inside while listening to her voice and songs; for each listener in search of strong and sensitive emotions and feelings, Cirque is the artist who can penetrate our inner world. She stands here alone, in front of us, and suddenly plays and sings, without taking care of what people could or would thin k of her. Apparently, few people really know her; she is solitude and sweetness. And thanks to three auto-produced albums (Signals, Colors Will Change and ... Got The Love!), she offers a naked and straight, simple and delicatemusic, which is totally freed from any unuseful arrangement. Sometimes, soft piano tunes appear to sustain and bare her fragile and sweet, warm and comfortable vocals; sometimes, far electronic arrangements are about to be heard, but never alterate the sensitivity which can be heard in her voice. All here is trust and confidence. Far from every daily noise, while one seeks for sweetness and peace, she appears to be here and offers a place where one's hurting and cold body can rest. Each melody is sincere, honest, straight and penetrates the listener's soul. Such a musical minimalism is really hard to describe, and needs to be listened to, as it is really profound, and as sweet as a caress, or a comforting whisper. Then, each song is like a real body part of the artist herself, if I may say so, which is as impressive as sublime and amazing; all these pieces of music are like ghostly souls which are brought to life and shine in front of one's eyes, as Cirque's spiritual sweetness accompanies one's mind. In such a sensitive and delicate softness, songs are like psalms and hymns for a universe which is only known the artist, and where one would really like to get lost, and be lucky enough to explore and discover new secrets. Sometimes immediate, sometimes melancholy, sometimes smiling (as her face on Signal's album cover), Cirque is a revelation, and a gift. One can only be moved by her vocals and simple but wonderful music which totally charms one's heart (beware: even strong listeners will be moved, I'm sure of this...), and thanks to her only voice and single instruments, she then proves that music is nothing but a picture of the artist's soul itself, and needs no artificial stuff to sound elaborated and moving. Cirque is doing her perfect art to represent beauty, and share tears of joy, sadness, and of deep emotions. And even if I've listened to many other albums and impressive artistic works and songs since I've been lucky enough to discover her universe, I just can't get her musical sweetness and talent out of my head, and will surely keep these pieces of art in a soft and comfortable place, like a precious jewel. Hope she 'll succeed in all she will do, artistically, and humanly, and that, perhaps thanks to musical discoveries and meetings, or while being on her own, she'll find her way, and will keep going on and on. Thanks a lot, Cirque...

Slug
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Dimanche 5 août 2007 7 05 08 2007 11:01




Il suffit de se laisser prendre sans résister, dans les premiers accords tendus et électriques d'une musique aussi mathématique que ténébreuse; telles sont les premières sensations éprouvées à l'écoute de cet E.P. de Moonpix Recorder, lent et majestueux, toujours sur la corde. Et si l'on accepte de se prêter au jeu, celui-ci en vaut la chandelle, bien au-delà de la décharge sonore qu'il crée et parcourt dans nos organismes tendus et nerveux. Entre batteries hypnotiques, basses langoureuses et pesantes, guitares dissonantes et échevelées, on se sent comme au bord de l'implosion, de l'anéantissement; sur la corde raide, chaque veine et chaque muscle semblant vouloir se frotter à nos peaux tendues pour mieux s'en extraire. Entre post-rock et élans psychédéliques, influences cold-wave et fusion parfaite entre six cordes arpégées et explosives, on se perd dans les méandres d'un rock mélancolique et désespéré, tel une blessure à vif pour laquelle aucune guérison n'est possible. La voix devient alors torturée et tortueuse, véritable symbole de cette souffrance exorcisée au long des quatre formidables titres de ce Nineteen éprouvant et singulièrement prenant. Grâce à de grandes qualités techniques ainsi qu'un sens incomparable de l'arrangement et de la composition, Moonpix Recorder semble devoir devenir l'un des groupes à part dans l'univers du rock intelligent et maîtrisé, mémorable et sombre, pensé et émotionnellement intense.

Slug

One only has to get intensively captivated by this music, without any resistance, thanks to the very first tense and electric tunes heard in such a mathmatical and dark music; while hearing Moonpix Recorder's first E.P., one can't but feel impressed by such a slow, anxious and intense music. And, if anyone accepts to play the musical game of the band, wonderful treasure will come to life, after feeling a kind of electrical storm and tension in one's nervous and stressful body. Thanks to hymnotic drums, slow and heavy bass lines, untuned and powerful guitars, the listener feels like he/she is going to implode or die because od pain and tiredness; body muscles and veins need to scorch skin and bones and get out of the body. Sometimes post-rock, sometimes psychedelic, cold wave or guitaristically exploding and soft, the listener gets lost into a melancolic and despaired rock style, as if he/she was hurt and couldn't find a cure to the disease. In such a perfect musical universe, vocals then become as tortured as a labyrinth, and a symbol of and exorcised pain; and that is, while listening to each 4 tracks of this captivating and sensitive E.P.. Thanks to great technical qualities and an impressive sense of arranging and composing, Moonpix Recorder will certainly become one of the best representative bands of intelligent, clever, dark, thoughtful and emotionally intense rock music.

Slug
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Dimanche 5 août 2007 7 05 08 2007 10:44



Ecouter la musique de Your Spoken Horoscope ramène à ces instants durant lesquels l'égarement se fait nécessaire et confortable, agréable, et sombre; plus que de nous rassurer, elle nous invite vers des lieux ténébreux et inexplorés, mais dans lesquels on se sent si bien, trop bien même, parfois... Tout en dépouillement et en fureur contenue, simple et saturée d'ondes froides et pénétrantes, la musique qui nous est offerte ici revêt ces atours glacés et bruts, aussi bien au niveau du son que des harmonies musicales qui nous sont offerts. On repense aux moments de solitude qui nous ont si souvent étreints, aux élans de désespoir entendus dans les albums d'Idaho ou de Low, dans des rythmiques sobres et contenues. La guitare est en apparence sale, sauvage, poussiéreuse et âcre, lente et prenante. Elle s'accroche à la gorge et lui laisse un goût amer et râpeux. Tout semble sans espoir, la sueur glacée pénètre et coule lentement le long du dos, mais malgré ces airs de musique sans compromis et triste, on ne ressent aucune impression de malaise. En effet, le tour de force accompli par l'artiste réside dans cette capacité à créer une musique que l'on pourrait qualifier, sans barbarie aucune, de confortable froideur.Il s'agit de se jouer des structures, de parfois interrompre une chanson en son milieu pour lui redonner un nouveau sens (My Name Is Joseph). Musique singulière et obsédante, faite de désillusions et d'espoirs imaginaires, mais musique, avant tout. On ressent parfois la fatigue et l'épuisement qui peuvent nous guetter, l'ivresse qui s'enfuit et laisse place au dur retour à la réalité, crue et viscéralement douloureuse. Ces sentiments sont véhiculés par une voix aussi apparemment neutre que fondamentalement expressive; tout d'abord proche de l'épuisement (Draw), elle devient petit-à-petit un language propre à cet hypnotisant voyage, un fil à suivre pour ne pas tomber dans le précipice (For An Hour, Take It Easy Walter). Parfois saturée, parfois en retrait, puis partant dans des aigus surprenants et sublimes (Take It Easy Walter), elle est à elle seule l'essence et le sens des chansons, le piédestal sur lequel toute la structure repose... On pense aux élans désespérés de Minus Clay, à la douleur vocale de Ian Curtis (même si la voix, ici, est plus mélodieuse) ou de Jeff Martin, pour ne citer qu'eux. On sort épuisé de l'écoute de ces titres, que l'on ne peut s'empêcher cependant de réécouter immédiatement. La satisfaction est là, l'impression de tenir une musique acoustique folk et lente, lourde mais pourtant éthérée, demeure, à chaque écoute. Your Spoken Horoscope est profondément beau et émouvant, et nous permet de pénétrer la douleur pour mieux trouver la pureté, sous ses premiers airs de désespoir et de mélancolie... Bien sûr, certains ne partageront pas cet avis, peut-être par manque de sensibilité; mais ne pas se donner le temps de pénétrer cet univers serait dommage, tant il est magnifique, douloureux, et humain...

Slug

While listening to Your Spoken Horoscope's music, one is invited to go back to necessary, comfortable and dark moments in life; more than reassuring, it invites the listener to dark and unexplored places, but makes him/her feel good, and sometimes, too good... Sounding straight and sometimes slowly violent, simple and coldly overdrived, music here is icy and rough, thanks to a typical sound and strange musical tunes. One can't but think of moments of loneliness, despaired Idaho or Low's songs, sober and inner rhythms. Guitars sound dirty, wild, dusty, slow, captivating and rough. They penetrate the listener like an aching in the throat, and taste bitter and acre. Everything sounds hopeless here, while a cold sweat runs through one's spine; but even if it is so, no one ever feels uncomfortable while listening to this music. The artist succeeds in an amazing and real tour-de-force: he is able to create a kind of, well, comfortably unsane tune. There is no musical structure, as songs change abruptely in its middle part (My Name Is Joseph). This music is single and obsessive, disillusioned and hopeful; but this is music, above all. Sometimes, each listenet feels tired and fed up with life, and brought back to a useless, painful and rude life. And all this appears thanks to neutral but flowing vocals; sometimes weak and far away (Draw), they then find their own language and lead us through this hypnotizing journey, then are a red thread which has to be followed not to fall (For An Hour, Take It Easy Walter). Sometimes overdrived, sometimes low or highly impressive and sublime (Take It Easy Walter), they become the song's main essence and meaning, and the basis of this amazing musical exhibition... They sometimes make the listener think of Minus Clay, despaired Joy Division singer Ian Curtis (even if they sound more in tune and pure), or Idaho's Jeff martin. After listening to these particular songs, one feels tired and down, but needs to hear them again and again. Satisfaction is complete, thanks to these slow and folk, ethereal and heavy moments. Your Spoken Horoscope is definately a beautiful and moving artist, and allows us to be introduced to pain, in order to find purity away from despair and melancholy... Of course, few listeners won't agree with this, I'm sure; but listening to these magnificent, painful, and most of all, human songs is necessary, so, don't miss this opportunity...

Slug
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