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Samedi 27 octobre 2007


Compilation regroupant les artistes du label américain Backlight Records, Other Songs And Dances permet de découvrir ce qui fait la qualité de chacun des artistes présents, ainsi que le talent sélectif des responsables de cette structure qui, on l'espère, grandira au fil des années. Ainsi, plutôt que de détailler chaque artiste, nous essaierons plutôt ici de retrouver les points communs et originalités contenues dans cet ensemble homogène et pourtant si diversifié, tant chaque talent aide à construire une passion pour une musique aussi melancolique qui brillamment émouvante et multiple. Les chroniques de chaque album, on l'espère vivement, viendront dans un futur proche, afin de pouvoir détailler chaque talent avec l'honneur qui lui est dû. De toutes les facettes musicales présentes ici, la mélancolie profonde et sensible émerge en premier lieu: chaque chanson contient sa part de tristesse, d'émotion à fleur de peau. Que ce soit dans le velouté des voix, dans des arrangements minimalistes soit électroniques, soit dans des cordes somptueuses en demeurant en retrait, l'intensité dramatique et si proche de l'humain envoûte et confond, trouble et étreint. Entre folk et blues, electro et pop subtile, le voyage nous fait rencontrer autant d'influences sublimes que Nick Drake, Craig Armstrong, Stina Nordenstam, Radiohead ou Boards of Canada; en résumé, tous ces artistes qui bercent nos pensées et solitudes les plus profondes. Souvent, on se surprend à nager et se laisser porter par un courant doux et réchauffant, un bleu de l'âme confortable et si admirable. Sans chercher à se dissimuler, chaque artiste dévoile un talent vocal et une émotion musicale que seules les larmes peuvent laver, tant on demeure étreint et le coeur lourd. Minimal, direct, silencieux même; ce disque est un condensé d'émotions riche et à fleur de peau. Là où la musique actuelle délaisse l'émotion la plus pure et intense, les artistes de Backlight Records reviennent à ce ce terme désigne dans son plus bel apparat: une sensibilité qui apporte frissons, émotion, et délicatesse. Aussi doux qu'une soie précieuse, l'album de caresse, alors que l'on s'en couvre pour se protéger des douleurs du quotidien. Il est évasion, sentimentalisme sincère. Tant pis si une telle dramaturgie peut faire sourire; il est impossible de ne pas se laisser porter et glisser. Un disque solitaire, éclairé à la lumière d'une simple bougie, pour en savourer le nectar si précieux. On souhaite de tout coeur que Backlight Records, après avoir clos les concerts du maintenant regretté club new-yorkais Sin-é, fermé il y a quelques mois, puisse franchir les frontières et grandir, en nous emmenant dans des rêves toujours aussi captivants; et nous ferons tout notre possible pour aider de tels hommes et femmes dévoués à l'art musical et sensible, jour après jour...

Slug

This compilation introduces us to all artists signed on the excellent US label Backlight Records; Other Songs And Dances allows us to discover all these musicians' qualities, as much as the talent of the label's managers and actors, and let's all hope they will find their real place in the musical business soon. Then, more than only writing about each artist one by one, let's try to analyze the music itself and find all common parts in all the songs, which are definately as similar as different, while each talented artist is a big part of the passionate interest of the label for multiple and moving melancholy. Reviews for each album will soon come, let's hope for it, in order ot bring fursther details about each artist of this precious label. From each musical side of music one can listen to here, deepest melancholy is certainly the main one: each song contains its own sadness, and straight emotions. Either in soft and sweet vocals, or minimalist, electronic and subtle string arrangements, a wonderful and dramatic intensity close to deepest human feelings hypnotizes each listener and gets him/her into trouble while embracing hearts. Sometimes folk and blues, sometimes electro and pop, music brings us to influences like Nick Drake, Craig Armstrong, Stina Nordenstam, Radiohead or Boards Of Canada; well, all artists who are able to rock us while we are in search of loneliness and thinking. It is like swimming and letting the currents warm us and cure blues in our souls and hearts in a comfortable and wonderful way. Without hiding, every artist performs a talented and moving ability in vocals which only tears seem to wash away, while our hearts are as heavy as captivated. As nowadays, music seems to get far away from pure and intense feelings, Backlight Records members come back toto a minimalist, silencious, rich and pure emotional way of composing and singing: and such a sensitivity brings its heart shakings, sweetness, and wonderful feelings. As precious as the sweetest silk, this album has to be caressed and covers us to proctect us from everyday sufferings. It is like a sentimental break. And no matter if such a dramatically intense album will make few people smile; one will be hypnotized and dive into it. It is a lonely collections of passionate songs which has to be heard while lying in a room where the only light is from a burning candle, in order to drink its delicate nectar. Let's hope that Backlight Records, after playing gigs before (what a shame) the famous New York club Sin-é closed its doors, will go through all frontiers and grow up, bringing us to captivating and fascinating dreams; and be sure we'll do all we can to help such devoted and passionate people find their way and important place in nowadays musical universe, day by day...

Slug
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Samedi 27 octobre 2007



Certains artistes semblent faire de ma musique afin de partager un plaisir, une simplicité musicale permettant à l'auditeur de se sentir à l'aise dès les premiers sons, les premières écoutes, les premiers balbutiements sonores; une musique en apparence simple, mais qui recèle beaucoup dans la valeur qu'elle inspire et prononce. Släyd fait partie de ces musiciens baignés d'influences electro et hip-hop, de musiques jazz et d'harmonies pianistiques simples, dépouillées, directes. Comme semble l'indiquer l'année présentée dans le titre de cet EP, 1967 sera un point de départ, aussi musical qu'existentiel: la date à laquelle tout commence, et tout s'apprête à changer. Ainsi, chaque chanson devient à sa manière une confession, basée sur des rythmiques et des harmonies au piano aussi bien jazz que minimaliste, pierres angulaires d'une oeuvre dans laquelle la présence vocale se fera plus présente, éloquente, et verbalement mélodique. Loin d'un simple débit fondé sur des boucles musicales creuses, chaque titre revêt une dimension particulière, fouillée et subtile; la musique, bien qu'électronique, demeure humaine dans les harmonies, l'organisation de chaque instrument, le son à la fois ancien et étonnament nouveau. Tout est mécanique et sensible, tel un androïde à visage humain, ou tu au moins en quête d'humanité. La voix débite au couteau des révélations personnelles aussi bien politiques qu'intimes, des constats, et séduit par cet automatisme que l'on souhaite pouvoir apprivoiser et consoler. Sous une apparente neutralité, elle trouve dans le verbe ses sentiments profonds, se dévoile, se révèle. Elle incite, sous une fausse ironie, à se faire comprendre et à instruire, à chercher au-delà de la simple apparence. Tout le concept de la musique de Släyd repose dans ce paradoxe: susciter l'émotion sous une froideur musicale apparemment omniprésente, mais qui crée un engouement captivant. Ces chansons sont un mystère que se veut être révélé et compris, entendu et imprégné. Tout porte à croire que l'artiste parvient à susciter une telle passion pour une oeuvre risquée, mais réellement originale, intelligente, et dont le parti-pris musical et vocal demeurera longtemps exceptionnel. Respect...

Slug

Many artists seem to make music in order to have fun and share it, and give a musical simplicity which each listener can appreciate and feel comfortable in from the first tunes; though this particular music seems to be simple, it contains many intelligent ideas and arrangements. Släyd has certainly been rocked by electro, hip-hop, jazz and piano harmonies in his earlier years. As written on this EP title, 1967 appears to be the year when all has begun, personaly, and artistically; and everything is about to change. Then, each song is a confession from the singer and composer, based on rhythms and minialist and jazz piano tunes, which are a perfect root for an ominious, eloquent and melodic work on vocals. All here is as mecanichal as sensitive, like a human, or tented to be human, android. Far from only being a simple rap-like singer who bases his songs on empty musical loops, Släyd composes each song in order to give it a particular subtle and intelligent value and meaning; electronic music is then human thanks to emotional harmonies and tunes, righteous instruments, and an old but brand new sound. All is as mechanical as sensitive, as if one was in front of a human, or tended to be, android. Vocals reveal personal, political and sensitive thoughts, in which each listener would like to confide and find comfort and rest. They reveal deep emotions while revealing new and inner ideas. They also invite us to understand and learn many feelings and thoughts, then look further the appearances. And Släyd's musical concept is based such a paradox: how to create emotions thanks to a cold but captivating music. All songs are mysteries which tend to be solved, understood, and heard. And Släyd is perfectly able to involve each listener in his own passion for music and words; even if such a work on music and lyrics is risky, it is so original, intelligent, and will remain original and new for years. Respect to Släyd...

Slug
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Samedi 27 octobre 2007





Sur des premières notes de violon qui rappelleront d'excellents souvenirs aux rares mais inconditionnels fans de Mark Snow, compositeur des illustrations sonores des séries de Chris Carter (X-Files, Millennium), I...Deviant nous plonge d'emblée dans une atmosphère pesante et lumineuse à la fois, tant les instruments électroniques et synthétiques ici invités s'emploient à provoquer une oscillation envoûtante entre l'un et l'autre. Ambient et ténébreuse, la lumière noire créée ici se posera sur ces simples mais efficaces orchestrations, proches du minimalisme et de l'étouffement, de la noirceur et de la solitude. Mélancolie et peur se confondent, grâce à des vocaux autant chuchotés que parlés, effrayants à souhait, dans des performances rappelant parfois Ana-Varley (Sopor Aeternus, à qui nous pensons d'emblée ici). Entre menace et perte de repères artistiques et musicaux, l'oeuvre de I...Deviant est un océan nocturne dans lequel l'auditeur se sent comme happé vers des abîmes sombres et froides, éclairées ci et là par quelques langages instrumentaux bienvenus mais brefs (saxophone sur Cleansed, piano sur Nichts); l'émotion et la contemplation se perdent dans des méandres synthétiques proches de l'âme humaine telle qu'elle ne souhaite jamais se révéler, négative et dissimulée dans ses retranchements les plus noirs et hostiles. Vagues brumeuses et fantômatiques cotoîent d'émouvantes cordes, language humain de la perte de conscience et de la solitude, désespoir merveilleux et mélancolique. Une révolte sonore sous-jacente se créent tout au long de l'évolution de ce formidable mini-album, jamais explosive et incontrôlée, mais obsessivement suggérée et démontrée. Telle une rétention de la colère, un murmure de lucidité précédant la disparition totale, un dernier élan d'humanité (battements sur Darkness And Decay), l'oeuvre est un adieu à l'humain, un départ pour un voyage vers l'obsurité et l'inconnu, en sachant pertinemment qu'il n'y a rien au-delà, mais qu'il faut savoir et plonger dans ces abysses aussi effrayants que captivants. Une oeuvre sombre et délicatement subversive, émoûvante aux larmes, tant son humanité est proche de nos pensées les plus intimes et refoulées. Obscurément superbe...

Slug

Based on first violin tunes which while remind the few inconditional fans of Mark Snow, genial and talented composer of all Chris Carter's TV series (X-Files, Millennium), I...Deviant composes a heavy but light and shiny atmospherical music, thanks to synthetic and electronic instruments allowing each listener to travel through a hypnotizing then frightening musical universe. As ambient as dark, this kind of black light improved with such a musical originality finds its basis on simple but efficient arrangements, as close to minimalism as to lack of oxygen, darkness and loneliness. Melancholy and fear melt to each other, thanks to whispered or spoken vocals, reminding us of Sopor Aeternus' singer Ana-Varley, who is more than welcome in this particular case. Oscillating between menace and loss of musical and artistic bases, I...Deviant's work of art is like a nightly ocean to which one will immediatly feel attracted and dive into cold and dark depths which will sometimes be enlightened thanks to brief but appreciated instruments (sax on Cleansed, piano on Nichts); emotion and attraction are then lost into synthetic languages which have never been so close to the human soul, as it can't be revealed in such a nudity and light, appearing as negative as dark and hostile. Foggy soundwaves and ghostly string arrangements stand for a human voice talking about the loss of consciousness and neverending solitude, despair and melancholy. Then, a kind of underlying rebellion finds its place during the listening of this wonderful EP, even if never exploding and out of control, but obsessively suggested and shown. As a contentment of wrath, isolation and softly delicate murmur before complete disappearance, an ultimate invitation to humanity is felt and provoked (heartbeats on Darkness And Decay), this music stands for a farewell to human kind, as much as the beginning to a journey through the unknown and the complete solitude, while musicians understand there is nothing out there; but one has to know and understant, even if this particular way is dark and frightening. Memento Mori is a captivating, delicate and subtle work of art which will move each listener to tears, as all the humanity contained here is likely close to one's intimate and hidden feelings and thoughts... Darkly brilliant...

Slug
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Samedi 27 octobre 2007



Dès les premiers accords de cet admirable EP de Cecilia : Eyes, le ton est immédiatement donné: l'écoute de ces 5 titres va nous mener vers des contrées aussi bien post-rock que doucement énergiques, le tout dans une maîtrise instrumentale impressionnante et professionnelle, sans conteste. Il va s'agir d'écouter des musiques toujours proches de l'envolée violente et déchaînée, de l'explosion instrumentale telle que Mogwai nous y a habitués, et rivaliser avec un tel monument musical semble un effort a priori désespéré. Bien sûr, l'ensemble du disque nous ramène immédiatement vers cette influence majeure, de par les tonalités guitaristiques et les rythmiques élaborées et tout en rétention; mais là où les Ecossais explosent dans un délire saturé et implosif, Cecilia : Eyes garde une retenue toujours sur le fil, ce qui les empêchent de sombrer dans le risque de reproduire une musique déjà imitée, et jamais égalée. Toutes les atmosphères sont proches du précipice, sans jamais y plonger à corps perdu; grâce à une maîtrise instrumentale exceptionnelle, de même que We vs. Death dans le split EP paru chez Eglantine Records, il s'agit de retenir les impulsions, de les condenser, et de suggérer plutôt que d'exhiber. Entre guitares aériennes, effets présents sans pour autant dominer l'ensemble musical, le groupe joue la carte d'une musique à la colère sous-jacente, évoquée par des rythmes rapides accompagnés de guitares et de basses aux lignes racées et envoûtantes, parlant un language rock contenant de nombreuses sonorités aussi intelligemment intégrées à l'ensemble qu'uniques lors de leurs apparitions. Et tout celà fonctionne à merveille, tant l'oeuvre dans sa globalité apparaît homogène et descriptive d'un style à part, particulier, et sans faille. Un disque également ouvert vers de nouvelles expériences grâce à la sublime véritable oeuvre-d'art concluant ce moment musical intense et puissant, sillonnant les contrées mélodiques du groupe et apportant des parfums d'éther, d'encens, de relaxation musicale impressionnante; rien ne laisse présager ce coup d'essai du groupe, qui laisse planer une senteur nacrée et superbement atmosphérique, au comble de l'extase musicale. Le succès que le groupe commence à rencontrer est donc entièrement mérité, et on ne peut que suivre ces musiciens hors-normes, et beaucoup plus originaux et passionnants qu'ils ne peuvent le paraître au premier abord...

Slug

From the first tunes of this remarkable EP from Cecilia : Eyes, all is here: listening to all 5 songs in this album will lead us to the well-known countries where post-rock and energic tunes are leading everything, while the band perfectly and professionaly plays all instruments, without doubt. Music here is always close to a kind of violent and powerful tune, instrumental Mogwai-like explosions; and trying to play this kind of difficult music without becoming a place copy of the talentes Scottish band seems to be very risky in the first place. Of course, while listening to this EP, one can't but think of the comparison between both bands, because of similar guitar sounds and elaborated then complex rhythm sections; but as Mogwai music exploses after sweet and soft musical moments, Cecilia : Eyes rathers play a contained and never-imploding music, which prevent them from only copying this major influence in the way songs are composed and performed. All musical atmospheres are close to the edge, but never fall into it; thanks to their impressive musical talent, as for We vs. Death in the split EP published by Eglantine Records a few months ago, impulsions need to be contained and condensated, and music has to be suggested instead of exhibited. Thanks to aerial guitars, multiple sound effects which never overdub the entire music and tune of their music itself, the band plays songs which are always contained and on the razor's edge, while performing fast drums and hypnotizing guitars and bass lines, aloowing them to speak a unique musical language. And all of this works, without hesitation: the whole EP appears to be intellgently built, homogenic and never going the wrong way, and shows a band creating a personal and unique style. Each listener will also be allowed to share new experiences thanks to the sublime work of art ending the album; all in this song is like ethereal, incense smells and impressive musical rest on imaginary clouds and grass; nothing before let us imagine such a wonderfully atmospheric and extatic moment. Little by little, the band begins to know a certain success, and they really deserve it, as they play a music which has no frontiers; they are original, passionate, and more interestin than they first appeared to be...

Slug
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Samedi 27 octobre 2007




J'ai reçu une invitation au voyage. Recife, vos connaissez ? C'est une ville du Nordeste brésilien, d'accord. C'est aussi beaucoup plus que ça : « A Paris, à Bangkok, à New York, à Pékin, à Bombay, à Boston… », des milliers de villes, de paysages, dans des dizaines de pays. Voilà l'effet que font les deux albums des aquitains de Recife, New Ams et Microwave. La musique de Recife, encore plus que ses textes, nous prouve la puissance du rêve, nous montre à quel point nous sommes des animaux faits pour rêver. Recife raconte les choses de la vie, mais dans un environnement qui ne nous est pas familier, dont l'atmosphère nous enveloppe, nous dévore, nous habite. On marche dans la nuit parisienne, Fitz Roy aux oreilles, et d'un seul coup, on quitte le sol. On entend des grillons aux lisières d'une forêt ; on ouvre les yeux, le corps en apesanteur au fond d'un lagon, au milieu des poissons. C'est une belle expérience à vivre. Une autre notion forte liée au voyage, c'est le métissage. Recife nous offre justement de la musique métisse. Une musique qui explore toutes les nuances du rock avec des rythmes très pop anglo-saxonne dans New Ams et avec l'inconnu de The name, ou plus folk américain comme The good man. Les sons de Recife ne sont pas simplement rock. Avec la mélodie ronde comme des bulles d'Echoes ou bien avec les aurores boréales qu'on entend chanter, la tête dans le ciel à l'écoute de Mars on my way, on a quitté le rock pour l'électro, on navigue dans la French Touch. Si on entrait dans des détails plus subtiles, on pourrait même reconnaître les percussions du Brésil dans l'intro électro d'On the roof ou des accords de guitare psychédéliques sur Sao Paulo, ceux qui font exploser le désir pour l'autre. C'est un vrai bonheur de voyage de cette manière, avec les yeux et avec les oreilles. Recife entreprend en plus de faire une expérience à chaque album : si New Ams marie avec tant de succès électro et rock pur et dur, les cinq titres de Microwave sont une autre tentative de métissage, celle de la chanson française et de la French Touch. Touché, c'est sûr, en plein dans le mille, c'est jubilatoire. Avec le titre éponyme Microwave, la guitare matérialise les micro-ondes comme autant de fils d'araignée qui se tissent dans notre espace, tout autour de nous. Recife sont-ils des héritiers de Air ? Pas uniquement. Dans la voix douce et nonchalante d'Où est la fille ?, qui nous fait marcher inlassablement dans les rues, on entend ces ovnis, solitaires et inclassables, de la chanson française née dans les années 80, comme Louis Chedid ou Etienne Daho. Recife est aussi sensible aux sonorités de la langue, ce qui est appréciable dans une chanson qui aujourd'hui se revendique française sans jamais exploiter les richesses de la langue. On saisit un clin d'oeil aux sables émouvants de l'ami Gainsbourg dans Le fleuve, on fredonne la petite comptine polissonne en « u » et « n » de Nuit Cajune… « Encore une fille, encore une, à demie nue sur l'avenue ». Et toujours, on visite, les yeux grands ouverts, des lieux qui nous dépaysent, on fait l'expérience du monde : on suit des méandres tranquilles dans le lit du Fleuve, dont le ressac paresseux explose dans le jeu de guitare au contact de l'océan. On nage à l'infini au milieu des vagues dans l'Interstice. Ça fait beaucoup de bien de retrouver dans de l'électro-rock le voyage et les grands espaces, qu'on croyait bannis de ce style de musique. Quand on écoute Recife, on prend le large et on rêve en entendant le poète : « Mon enfant, ma soeur, songe à la douceur d'aller là-bas vivre ensemble… ».


Fluffy


I have been invited to travel. Do you know Recife? It's a town in the middle of the Brazilian Nordeste, that's for sure. But it is not merely that: « A Paris, à Bangkok, à New York, à Pékin, à Bombay, à Boston… ». You visit thousands of cities, landscapes, in so many countries. This the feeling you can experiment with Recife's two albums, New Ams et Microwave. The music of the band, even more than the lyrics, shows us the power of dreams, illustrates to what extend we are animals made and meant for dreaming. Recife tells us what happens in life, but within an unfamiliar environment, whose atmosphere shrouds us, swallows us, sweeps into our bodies and souls. I walk in Paris' night, listening to Fitz Roy and all of a sudden, I leave the ground. I hear crickets on the borders of a green, green forest; I open my eyes among exotic fishes, feeling my body floating in the water of a deep lagoon. This is a wonderful experience to live. Another idea closely linked to travels is mixing: mixed origins, mixed cultures… Recife creates indeed mixed music. It explores all the shades of rock n'roll, from British pop rhythms with New Ams and the foreigner of The name to American folk in The good man. But Recife's sound is not only rock. Into the round, fleshy tune of Echoes, in the aurora borealis we hear singing, head turned to the sky, in Mars on my way, we have definitely left rock for electro: we are swimming in the French Touch. If we wanted to be a little more subtle, we would recognise Brazilian drums in the first notes of On the roof and psychedelic guitar chords on Sao Paulo when the desire for the other is bursting out. This is a real pleasure to travel like that, through ears and eyes. Besides, Recife tries different experiences on each album: while New Ams matches so perfectly well electro and pure rock, the five songs of Microwave are another mixing attempt: French Touch with classic "chanson française". Touché! Bang on the target, this is exhilarating. With the main title Microwave, guitar is playing the micro-waves, like threads of a big web spinned by spiders in the air, surrounding us. Are Recife the children of Air French Band? Yes, but not only. In the soft and still voice of Où est la fille ?, this voice that makes us walk in the streets endlessly, we hear those unconventional dandies, lonely and original, of the "chanson française" born in the 80s, like Louis Chedid or Etienne Daho. Recife is also very sensitive to the music of French language: it is more than precious today, since this "chanson" who claims aloud to be culturally French uses more and more seldom the language's subtleties. We think to have caught a reference to Serge Gainsbourg's play on word with sables émouvants, moving sands (for sables mouvants, quicksands) in Le fleuve. We are humming Nuit Cajune's naughty little nursery rhyme playing on « u » and « n » sounds: "Encore une fille, encore une, à demie nue sur l'avenue". With eyes wide open, we keep visiting places that give us a feeling of strangeness, we experiment the world. We follow the river's still meanders walking in the bed of the Fleuve, whose lazy flow bursts through the guitar chord when meeting the ocean. Taking no rest, we swim in the middle of the sea, diving in the waves in the Interstice. It is so great a feeling to find again travels, foreign cultures and huge landscapes in electro-rock music, as we thought they were a theme definitely given up by this style of music. When we listen to Recife, we sail abroad and we have dreams hearing the poet say: "Mon enfant, ma soeur, songe à la douceur d'aller là-bas vivre ensemble".


Fluffy
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